A Nantes, la distribution recrute avec la CCI

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ANantes, le Trocathlon a cette année été intégralement géré par des jeunes en contrats de qualification au sein de Décathlon Atlantis. L'occasion pour ces futurs chefs de rayon de mettre en pratique leurs connaissances en organisation, gestion, négociation et vente. Enseignement commercial cumulé avec travail de terrain : la formule paraît séduire aussi bien les entreprises que les jeunes en recherche d'emploi. « On va sortir avec une expérience professionnelle et des bases bétonnées », indique Valérie Paumard. A vingt-quatre ans, cette jeune femme a les pieds dans les starting-blocks. Etudiante en licence d'AES, elle souhaitait travailler dans une fonction commerciale au sein d'une équipe et a été retenue chez Décathlon en contrat de qualification. « La formation permet de prendre du recul par rapport au boulot », ajoute- t-elle. Côté entreprise, le bilan est également positif. « Nous recherchons des profils spécifiques et nous gagnons finalement du temps par rapport aux procédures classiques de recrutement », explique Dominique Daguillion, directeur du Décathlon Atlantis, pour qui l'objectif est de pallier les difficul- tés du recrutement, souvent long et risqué. Décathlon, Auchan ou encore Carrefour recherchent aujourd'hui une meilleure adéquation entre profils et postes à pourvoir, en particulier pour les responsables et chefs de rayons. Ces grands de la distribution ont mis en place à Nantes des programmes de formation en partenariat avec la chambre de commerce et d'industrie (CCI). Ciblé sur la vente, le linéaire, la gestion et le management, chaque programme est adapté aux exigences des entreprises. La CCI fait de la formation son cheval de bataille et se fixe aujourd'hui comme mission d'élever le niveau des compétences dans la région. Pour rentrer dans ses frais, la CCI fixe un seuil minimum compris entre dix et quinze personnes pour mettre en place une formation. Si les programmes « sur mesure » sont accessibles aux grandes entreprises, qui peuvent facilement répondre à la contrainte d'effectif, les PME, dont les besoins de recrutement sont plus limités, semblent hors course. A moins qu'elles ne se regroupent. Michel Goubault, PDG des imprimeries du même nom, souhaite ainsi mettre en place un programme à la rentrée prochaine conjointement avec d'autres imprimeurs. « Les technologies sont de plus en plus poussées dans l'imprimerie et on travaille de plus en plus vite : il faut donc trouver des marchés et nos métiers s'orientent de plus en plus vers une dimension commerciale. » Pour Michel Goubault, l'enjeu est de former des technico-commerciaux mais son besoin de recrutement se limite à une seule personne. Autour de la Fédération de l'imprimerie, auprès de laquelle il souhaite obtenir une certification, Michel Goubault veut mettre en place une formation sur deux ans (400 heures) aux techniques de vente centralisée à Nantes. « Il existe une formation technique pour les imprimeurs mais nous n'avons pas de compétence pour la formation commerciale et le programme de formation de la CCI répond à ce besoin. Il y a une osmose entre les besoins de la profession et la CCI pour adapter la formation à la demande des entreprises », commente Michel Goubault. Le partenariat entre entreprises locales et les chambres de commerce et d'industrie peut se révéler fructueux, même si pour l'instant « les répercussions en termes d'emploi restent une goutte d'eau », indique-t-on à la CCI. Et si la démarche s'inscrit normalement dans une politique de recrutement, la motivation réside souvent dans les avantages financiers accordés par l'Etat. Gaël Lescop

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