Centres Formathèque : la proximité au service des PME

 |   |  624  mots
Comment partir en formation une semaine lorsque l'on est DAF (directeur administratif et financier) d'une PME de trente personnes ? Comment s'absenter plus de trois jours lorsque l'on cumule les fonctions de chef comptable et de conseil juridique pour les affaires courantes ? Comment se séparer plus de trois jours d'un chef d'équipe indispensable à la bonne marche du service mais qui doit aussi acquérir de nouvelles compétences ? Ces questions, tout dirigeant d'une PME-PMI se les ait posées à plusieurs reprises : à chaque fois qu'il envisage d'institutionnaliser un plan de formation ou qu'il doit répondre à la demande ponctuelle de l'un de ses salariés. « C'est peut-être au sein des PME-PMI que l'on rencontre les gens les plus sensibilisés aux problèmes formation, avoue un inspecteur de la formation professionnelle. Mais ce sont aussi ces structures qui ont le plus de mal à mettre en place des cycles de formation. » Un point de vue que partage Nathalie Lucchini, directrice du centre Formathèque PME de Champagne-Ardenne. « Lorsqu'une entreprise comporte une quinzaine de salariés, il n'est pas facile de définir un plan qui ne perturbe pas ses activités. » C'est précisément pour répondre à ces cas de figure que les centres Formathèque ont été conçus à l'initiative de l'Agefos PME, du ministère du Travail et de la Caisse des dépôts et consignations au début des années 90, avec comme objectif, rappelle Michel Fulconis, vice-président de l'association, de « développer des actions de proximité ». Près de cinq ans après leur création, les Formathèque semblent avoir tenu leur objectif. Ni centres de formation, ni organisme d'habilitation, les Formathèque n'ont d'autre vocation que d'aider les PME-PMI à identifier les besoins en formation et à trouver les outils et les modalités qui sont les plus adaptés. Panoplie d'outils. Ainsi, un groupement de professionnels du camping du Languedoc-Roussillon a-t-il pu développer des modules de formation autour d'une activité particulièrement saisonnière qui contraint les salariés à rester au sein de l'entreprise. De la même façon, dans le Nord, la société d'intérim Troyes Service dispose d'une panoplie d'outils de formation lui permettant de répondre à la demande de ses clients. Le point commun entre ces deux entreprises ? Des formations modulaires à base d'EAO (enseignement assisté par ordinateur) et de supports multimédia comme le CD-ROM, qui permet aux stagiaires de travailler à leur rythme. « Dès l'origine, explique Nathalie Lucchini, Formathèque a été conçu comme une cellule prospective d'évaluation des nouvelles modalités de formation. » D'où le recours aux outils multimédia et à l'EAO, qui autorisent une formation dite ouverte. « A côté des traditionnelles formations inter- ou intra-entreprises, il y avait place pour des formations modulaires à la demande, qui s'adaptent aux contraintes de la vie d'un service. » Ingénierie en formation. Au fil des missions, l'expérience des Formathèque s'est élargie et, aujourd'hui, les centres sont à même d'apporter une expertise à des entreprises de toute taille. Ce fut notamment le cas avec les établissements Lucas, qui produisent des freins à disque en Moselle, une entreprise de près de 1.200 salariés qui souhaitait remettre à plat sa politique de formation et acquérir des compétence pédagogique en interne. Autre axe actuellement à l'étu-de : l'ouverture on-line des bases de données des Formathèque, « qui permettra aux entreprises de consulter le catalogue, précise Nathalie Lucchini. Un de nos projets consiste à ouvrir des liaisons rapides de type RNIS afin que les entreprises puissent assister à une télédémonstration des programmes de formation. Mais pour le moment, reste à régler le problème de droits d'auteur que soulève ce type de diffusion. » Frédéric Lorenzini

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :