Bourse de Paris : l'embellie

En dépit d'une évolution du marché indécise depuis deux mois et malgré une mauvaise liquidation en juin (la seule perdante), l'indice CAC 40 fait apparaître une hausse de 13,45 % depuis le début de l'année, à 2.123,70 le 28 juin 1996, contre 1.871,97 le 29 décembre 1995. Et a atteint un « plus-haut » de 2.149,79 le 30 avril (+ 14,84 %). Les mouvements ont parfois pris une grande ampleur : six titres ont monté entre 32 et 84 % (Pinault-Printemps-Redoute, Schneider SA, Lagardère Groupe, Carrefour, Canal+, Thomson-CSF), trois ont accusé des reculs de 15 à 18 % (UAP, BNP, AXA). Plus analytique, le SBF 250 fait ressortir une plus-value de 17,48 % avec, dans le détail des secteurs, des performances nettement supérieures à cette moyenne : + 46,30 % pour la distribution, + 34,40 % pour les biens de consommation hors automobile, + 24,65 % pour les biens d'équipement, + 23,73 % pour les services hors distribution, + 25,73 % pour les sociétés d'investissement. A l'opposé, l'immobilier ne s'est que légèrement valorisé (+ 1,49 %) et les services financiers ont abandonné 4,17 %. Par ailleurs, l'indice Midcac (+ 34,84 %) montre que les valeurs moyennes se sont le mieux comportées. Les taux se tassent. Cette reprise s'explique d'abord par le tassement des taux d'intérêt qui n'a pas été vraiment remis en cause par la légère tension récente des taux longs. Ensuite, bien que le redressement de l'économie manque encore de vigueur, les résultats des entreprises ont été plus satisfaisants que prévu. Dans beaucoup de cas, ils sont venus contrebalancer l'effet de quelques gros sinistres. Hormis des cas extrêmes (Crédit Foncier de France, Eurotunnel), les compagnies financières Suez et Paribas ont déclaré chacune des pertes de l'ordre de 4 milliards de francs après d'énormes provisions, mais plusieurs banques ont tiré leur épingle du jeu, notamment le CIC et le groupe de la Compagnie Bancaire. Les déficits des grands de l'assurance (UAP, GAN) ont contrasté avec les bénéfices des spécialistes des contrats vie, tels l'Union des Assurances Fédérales (UAF), Fructivie et Cardif. Retour de la spéculation. Dans la distribution, si le BHV a réduit ses profits et si les Galeries Lafayette sont passées dans le rouge, de très bons résultats ont été enregistrés par PPR, Casino, Carrefour, Castorama et Promodès. La chimie, la pharmacie et les cosmétiques ont connu des progressions plus qu'honorables. Dans le domaine de la défense, la Sfim et Intertechnique ont reconstitué leurs marges. Ailleurs, alors que les comptes d'Alcatel Alsthom se soldent par un déficit record de 12 milliards par suite de restructurations et que Bouygues et la Générale des Eaux qui ont aussi fait le ménage sont en pertes respectives de 2,9 milliards et de 3,7 milliards, Elf Aquitaine dé- gage un profit de 5 milliards (+ 52 %), Saint-Gobain de 4 milliards (+ 49 %), LVMH de 4 milliards également (+ 10 %). La perspective d'opérations financières a ranimé la spéculation et les transactions se sont accrues d'un tiers par rapport à la période correspondante de l'an dernier. Sur les actions françaises, elles ont dépassé 650 milliards de francs. Les conditions plus favorables du marché ont permis un regain des émissions d'actions et d'obligations convertibles. Le montant des appels de capitaux, qui était tombé à 6,6 milliards pour les cinq premiers mois de 1995, s'est élevé à 26,5 milliards au 31 mai 1996. Parmi les principaux demandeurs, figurent Axa, la Lyonnaise des Eaux, Havas, Sodexho, Castorama, Casino. Introductions et privatisations. Les introductions se sont développées. Neuf sociétés représentant plus de 9 milliards de francs de capitalisation boursière sont apparues au second marché. Sept firmes (pour 3,6 milliards) sont entrées au nouveau marché, compartiment mis en place à partir de février pour les jeunes entreprises en quête de fonds propres. Les premières recrues ont pu ainsi se procurer ensemble quelque 950 millions. Après un long sommeil, les privatisations ont pu reprendre avec les AGF. Malgré des précédents fâcheux pour les souscripteurs, l'opération a réussi. Elle a procuré un peu plus de 9 milliards à l'Etat qui, par ailleurs, a cédé pour 2 milliards 6 % supplémentaires du capital de Renault. L'amélioration du climat a relancé les offres publiques d'achat et d'échange. Saint-Gobain a lancé une OPA amicale sur Poliet, filiale de Paribas, la BNP une OPE sur sa propre filiale CIP (Warburg proposant un rachat en numéraire), Canal+ une OPE sur UGC-DA, le groupe suisse Adia une OPE-OPA sur Ecco qui rachète lui-même sa filiale Ecco-TT... Auchan s'est attaqué aux Docks de France par une offensive sauvage. Des réorganisations ont conduit Suez à vendre sa filiale Indosuez au Crédit Agricole, Paribas à céder Axime (services informatiques) au public par OPV, les Chargeurs à scinder leurs activités en deux entités (Chargeurs International pour l'industrie, Pathé pour la communication), tandis que se préparent la fusion de Dassault Aviation avec Aerospatiale et les cessions du CIC par le GAN et de Valeo par Cerus. Luc Demeulenaere

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