La Bourse de Paris a davantage brillé que les sicav au premier semestre

Brillant premier semestre à la Bourse de Paris avec des cours en forte hausse et des volumes d'échanges inégalés. L'indice le plus en vue, le CAC 40, a monté de 23,4 % à 2.880,50 (contre 2.315,73 le 31 décembre 1996) après un record historique de 2.903,18 établi en séance le 27 juin (et battu en juillet). Sur les quarante valeurs qui entrent dans sa compo- sition, une dizaine affichent des gains de plus de 30 %. Alcatel- Alsthom (+ 76,6 %), Promodès (+ 56,2 %), Total (+ 40,8 %), Pinault-Printemps (+ 37,2 %), Rhône-Poulenc (+ 35,7 %) et Elf Aquitaine (+ 34,2 %) se sont particulièrement distinguées. A l'inverse, quatre titres seulement sont en repli et encore faut-il observer que leurs pertes sont très modérées. L'indice SBF 250, qui prend en compte un échantillon plus large de la cote, fait ressortir une plus-value de 19,8 %. Toutes ses subdivisions sont en progrès, le secteur de l'énergie arrivant en tête (+ 36 %), suivi par celui des biens d'équipement (+ 31,4 %). Si la distribution est bien placée avec + 23,2 %, l'agroalimentaire se contente d'une avancée de 12 %. Parmi les sociétés financières, globalement en croissance de 14,9 %, l'immobilier est à la traîne avec + 7,9 %. 60 milliards de dividendes. Dans l'ensemble, les grandes entreprises ont été plus favorisées que les petites et moyennes. Ainsi, la performance du MIDCAC ressort-elle à + 18,3 % ; celle de l'indice SBF du second marché à + 10,8 %. Les transactions ont atteint des montants élevés. Sur le marché à règlement mensuel (RM), la moyen-ne quotidienne a été de près de 8 milliards de francs en janvier, supérieure à 9 milliards en février et mars. Revenue à 7,4 milliards en avril, elle est passée à 9,5 milliards en mai et a approché 12 milliards en juin. Pour les six mois, les échanges sur les actions du RM ont totalisé 1.100 milliards, soit deux tiers de plus que pour la période correspondante de l'an dernier. En provenance de placements monétaires devenus peu rentables, les liquidités ont afflué tandis que les capitaux étrangers revenaient. D'autre part, la masse des dividendes distribués s'élèvera cette année à quelque 60 milliards (contre 43 milliards en 1996). Une partie a déjà été réinvestie sur le marché ainsi que, par anticipation, une fraction du remboursement de l'emprunt Balladur. Sur les 90 milliards que représente ce remboursement, 37 milliards environ sont logés dans les PEA (plans d'épargne en actions) et ne pourront être réinvestis qu'en actions. La Bourse de Paris a fait mieux que la place américaine. L'évolution du dollar et des taux d'intérêt a joué un rôle important. Le billet vert s'est apprécié de 12 %, passant de 5,245 fin 1996 à 5,884 francs le 30 juin 1997. En ce qui concerne le loyer de l'argent, le « jour le jour » n'a guère varié aux alentours de 3 3/16 à 3 1/4 % tan- dis qu'après quelques fluctuations les taux à long terme ont fléchi, de 5,72 à 5,56 % pour le « 10 ans ». Plus décisives, cependant, ont été l'amélio- ration de la conjoncture et l'annonce à partir de janvier de bons résultats par plusieurs sociétés, dont Saint-Gobain, Danone, Rhône-Poulenc. Dès lors, beaucoup de prévisions ont été révisées à la hausse. Malgré la publication de pertes importantes par Renault et le Club Méditerranée, un climat de confiance s'est installé jusqu'à mi-mars. Des prises de bénéfice, puis un retour de bâton à New York, ont provoqué un recul sensible aggravé vers le 15 avril par des rumeurs de remaniement ministériel ou de dissolution de l'Assemblée nationale. Après confirmation le 21 avril d'élections législatives anticipées, l'agitation a été la note dominante au mois de mai. Les résultats du scrutin ont donné lieu les lendemains du premier et du second tour à de vives réactions. Celles-ci ont été vite corrigées. Sans attendre, les opérateurs se sont accommodés du changement de majorité et du nouveau gouvernement. Les réalités économiques ont repris le dessus d'autant que, aux assemblées d'actionnaires, les présidents de sociétés se sont déclarés optimistes pour 1997 et 1998. Grandes manoeuvres. Les privatisations sont tombées en panne. La seule opération concrète a été l'ouverture au public de Bull. En revanche, il y a eu ue quarantaine d'introductions au second marché et les opérations financières et restructurations sont allées bon train : Suez et la Lyonnaise des Eaux ont décidé de fusionner, Rhône-Poulenc va racheter entièrement sa filiale pharmaceutique Rhône-Poulenc-Rorer et créer un nouvel ensemble chimie-fibres-polymères qui sera coté séparément, LVMH se propose de se renforcer dans Moët-Hennessy à la suite du rapprochement Guinness-Grand Metropolitan, Worms & Cie a absorbé Saint-Louis, Bis a été racheté par Ventex (Pays-Bas), Paribas a cédé le Crédit du Nord à la Société Générale, Havas a lancé une OPA sur sa filiale CEP Communications, Usinor est sorti de Vallourec au profit de l'allemand Mannesmann, Daimler-Benz s'est désengagé de Cap Gemini, la Compagnie Bancaire reprend, au moyen d'OPA, la totalité de ses filiales Cardif et UFB-Locabail, Simco rachète la Plaine Monceau... Les grandes manoeuvres ne sont pas terminées. Pour certains analystes, les rapports cours/bénéfices des firmes françaises sont encore attrayants. Luc Demeulenaere

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