Ce créateur de meuble en fer forgé qui ne désarme jamais

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« On dit qu'on n'imite que les bons produits et que ça pousse à se dépasser, c'est vrai. Mais lorsqu'on est tout petit, cela peut avoir un effet dévastateur. Jusqu'à compromettre l'existence de l'entreprise. » Hervé Baume, spécialiste du meuble en fonte et en fer forgé, ne s'en cache pas : il est un acharné de la lutte contre les copieurs. Il en fait même la priorité des priorités. Et pour cause. Le moindre relâchement pourrait être fatal à cette petite entreprise de cinq personnes, dont l'essentiel de l'effort repose sur la création. Ses meubles, qu'il définit comme du « classique inhabituel », sont conçus sous forme de treillages sertis et rivetés à la main, sans soudure et garantis sans rouille. En vingt-trois ans, il a créé une cinquantaine de modèles et beaucoup d'entre eux ont été contrefaits. La vogue actuelle des meubles en fonte et en fer forgé dessert autant Hervé Baume qu'elle le sert. Hervé Baume est un précurseur dans le genre. Et ce sont toujours ceux-là qu'on copie les premiers. « C'est trop facile pour un faussaire, il choisit le produit qui se vend bien, il le fait fabriquer à moindre frais et il inonde le marché. Le grand danger pour un créateur de style c'est quand on copie l'esprit de la marque, c'est-à-dire la ligne générale. » Les catalogues dans le collimateur. Pour Hervé Baume, le combat est de tous les instants. Tout est déposé : « Quand on est passionné par son métier, on le défend bec et ongles. C'est dans mon caractère. Il faut marquer le coup et faire savoir aux contrefacteurs qu'ils ne peuvent pas agir impunément. Je suis d'origine paysanne et je ne marche pas sur le champ du voisin. » Hervé Baume a l'oeil. Lorsqu'il se rend à un salon, c'est moitié par criosité, moitié par souci de veille. Mais, la plupart du temps, c'est sur les catalogues qu'il découvre les contrefaçons. Les imitateurs de la marque sont des décorateurs ou des particuliers à qui il suffit de photographier l'idée et qui, avec trois francs six sous, la font réaliser à bon prix pour revendre le produit moins cher en sacrifiant la qualité. Réaction immédiate d'Hervé Baume dès qu'il s'en aperçoit : « J'appuie sur le bouton de l'avocat qui fait aussitôt le nécessaire. » Quand c'est un particulier, l'intervention se porte d'abord contre le fabricant ferronnier qui réalise l'ensemble. Nul n'est censé ignorer la loi. Pour se défendre, ce dernier devra soit se retourner contre son donneur d'ordre, soit faire alliance avec lui contre le plaignant. Le Club Med épinglé. Jusqu'à présent, Hervé Baume a toujours gagné ses procès. Comme celui qu'il a intenté contre le Club Med et dont l'arrêt définitif est intervenu en janvier 1991. Il avait découvert que le village d'Opio, implanté sur la Côte d'Azur, s'était fait fabriquer 1.500 chaises épousant le style Hervé Baume. Le Club Med, conscient de sa maladresse, n'a même pas fait appel. Cette petite affaire lui a tout de même coûté aussi cher que s'il avait dû acheter l'original. Et elle aurait évité bien des soucis au créateur avignonnais. « Lorsque la contrefaçon est étrangère, c'est plus compliqué, la procédure prend plus de temps. » Mais encore une fois, Hervé Baume a toujours eu gain de cause. Y. de K.

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