France : vif rebond pour les valeurs moyennes

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Après les grèves de décembre 1995, peu d'éléments militaient en faveur d'un rebond aussi rapide des actions françaises durant le premier semestre. La surprise est d'autant plus vive qu'il profite surtout aux titres ayant versé le plus lourd tribut aux grèves, à savoir les PME. Fort logiquement, les Sicav spécialisées dans les valeurs moyennes dominent donc le palmarès. Un bon point dans ce domaine pour Etoile SM, du Crédit du Nord. Limitée aux valeurs du second marché, cette Sicav tire judicieusement profit de son engagement précoce sur le marché (fin décembre 1995), à l'époque où bon nombre de Sicav cherchaient encore refuge dans la diversification. Autre satisfaction : le FCP France Futur, de la BGP, récemment transformé en Sicav après sa fusion avec une Sicav immobilière. Axée sur les valeurs de l'indice Midcac (56 % d'actions moyennes cotées au règlement mensuel), la Sicav de la Banque de Gestion Privée (filiale du Crédit Agricole d'Ile-de-France) capitalise ses bons choix sectoriels (aéronautique, etc.). Un bon point, aussi, pour la Sicav AGF Invest, spécialisée sur les valeurs de l'indice SBF 250. La présence parmi l'élite de trois Sicav liées à trois indices « valeurs moyennes » différents prouve que les écarts de performance reposent essentiellement sur un bon choix de valeurs (stock picking). Un exercice dans lequel quelques Sicav se sont révélées particulièrement malheureuses. Exemple, Francic Régions (CIC Paris), largement distancée à mi-parcours à cause du recentrage de son portefeuille sur un échantillon de valeurs régionales plus large qu'auparavant. Une opération justifiée par son promoteur par la présence dans sa gamme du FCP France Avenir, également spécialisé en valeurs moyennes, mais qui tombe à un mauvais moment... Autre déception, Régécroissance (Fimagest), qu'on n'imaginait pas trouver en si mauvaise posture compte tenu de sa bonne connaissance des valeurs moyennes. Certes, les performances demeurent, dans les deux cas, de bon calibre, mais elles s'avèrent faibles au regard de l'embellie du secteur durant ces six derniers mois. Malgré une progression bien plus contrastée de l'indice CAC 40 (+ 13,45 % depuis janvier), la plupart des Sicav axées sur les grandes valeurs enregistrent également des performances plutôt flatteuses. France GAN s'affranchit ainsi très nettement de son indice de référence (CAC 40) et confirme son statut de Sicav de « classe » internationale. A signaler, par ailleurs, le bon parcours d'Hervet France (Banque Hervet), en très mauvaise posture l'an passé. Au contraire, Ecureuil Investissements s'est cantonnée durant tout le semestre dans un strict suivi de l'indice CAC 40, bien que n'ayant pas de vocation indicielle affichée dans sa notice d'information. Même constat pour sa consoeur Ecureuil Actions Futur, qui dispose pourtant d'un champ d'inves- tigation plus large (grandes et moyennes valeurs) et qui confirme ainsi la difficulté des gestionnaires de la Caisse d'Epargne à trouver le bon rythme dans un marché haussier. Ces deux cas ne sont pas isolés. La Sicav Livret Bourse Investissement (CDC Gestion) paie également son manque d'audace. Autre déception, Unifrance, du Crédit Agricole, dont la piètre presta- tion tranche avec les bons résultats de la Banque verte dans les autres spécialités actions (Etats-Unis, or, etc.). A noter, enfin, que la présence dans les profondeurs du classement d'Indosuez Rendement Actions s'explique par son changement d'orientation. Cette Sicav évoluait auparavant dans le compartiment immobilier sous la dénomination Sicavimmo. Là aussi, les performances ne sont pas catastrophiques, dans l'ensemble, puisqu'elles gravitent en général autour de 13 %. Reste que les phases haussières sont devenues beaucoup trop rares ces dernières années pour les laisser filer ainsi au nom de la prudence. l

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