Atlanta, un tremplin pour les articles de sport

Le sport est devenu un mode de culture et de loisir prépondérant. Sous l'impulsion du développement du « sport loisir » et soutenu par une puissante médiatisation, la pratique sportive est une activité économique importante et porteuse. Le marché mondial du sport est aujourd'hui estimé entre 400 milliards et 500 milliards de francs. Les Français sont, parmi les pratiquants, ceux qui dépensent le plus d'argent en Europe avec un budget moyen de 512 francs par an contre 200 francs pour les Espagnols. Cette explosion des pratiques sportives reflète les évolutions des sociétés « développées ». Elle témoigne de l'avènement d'une civilisation du loisir sous les multiples effets d'une réduction du temps de travail, d'une valorisation du vécu corporel ou d'une aspiration à de nouvelles relations sociales. Le marché du sport a ainsi développé son propre univers concurrentiel à l'intérieur duquel l'innovation, la communication et l'image de marque jouent des rôles essentiels. Néanmoins, l'argument technologique se trouve aujourd'hui au coeur de la bataille commerciale qui oppose les différentes grandes marques d'articles de sport. Le dernier Sisel (Salon international du sport et des loisirs), qui s'est tenu en juin, a été l'occasion de mettr en avant les matières de demain. « Le vêtement n'est plus un aboutissement d'une nature parfaitement travaillée, mais le résultat de la recherche la plus poussée par les Dr Faust de l'an 2000 ! », explique-t-on au bureau de style de Martine Leherpeur. 100 % polyester. La fourrure ne vient plus de l'ours, mais de l'éprouvette. La vraie écologie est celle du 100 % polyester et non celle du 100 % coton avec ses traitements parfois dévastateurs ! Tel le principe des pelures d'oignon, les matières s'entassent, se superposent et jouent double ou triple jeu en couches fines, afin de tenir chaud en multipliant les écrans... A l'instar des grandes tuniques de maille polaire, de nouvelles pelisses revues et corrigées, souvent associées à des membranes coupe-vent améliorent la protection contre les intempéries. Des sous-pulls fins en matières hydrophobes absorbent la transpiration et la rejettent à l'extérieur. Entre les deux, des chemises douces et moelleuses, pour l'apparence et le confort. Par dessus, déclinées des tenues haute montagne, des vestes imperméables à l'eau, étanches aux coutures avec des enductions sophistiquées perméables à l'air (type Goretex)... Aux coudes, aux épaules, sur les gants, des renforts de Kevlar, fibre révolutionnaire souple comme le coton, plus solide que l'acier et utilisée en F1 comme dans la fabrication des skis ou la construction des autoroutes. Mais, aujourd'hui, tous les regards se tournent vers la « biomatière », à la frontière du textile et des cosmétiques. Pour préparer le vêtement du troisième millénaire, les chercheurs travaillent sur le Biochiton, fabriqué à partir de la chitine des crustacés dont les propriétés d'absorption d'humidité sont exceptionnelles. Une matière essentiellement utilisée dans la cosmétologie. Les jeux Olympiques d'Atlanta, qui débutent dans dix jours, sont pour les industriels du sport une véritable course à l'innovation avec des retombées ô combien rentables en cas de succès. Et pour les entreprises de high-tech, ils sont l'occasion de montrer les nouvelles créations industrielles qui trouveront leur place dans notre quotidien de demain. C'est pourquoi, au cours de ces trois semaines de compétition, ces entreprises - IBM, AT&T, Xerox ou Motorola - qui fournissent des matériels hyper sophistiqués ne peuvent se permettre de commettre la moindre erreur. Le bon fonctionnement des Jeux dépend de leurs ordinateurs, de leur réseaux ou de leurs téléphones. Certes, entre les fabriquants de fibres modernes et d'équipements sportifs, et les constructeurs de matériels de sécurité, de chronométrage, de communication... les motivations d'une présence aux Jeux Olympiques sont quelque peu différentes. Mais l'objectif consiste pour tous à utiliser ce tremplin pour démontrer un savoir-faire, dans une compétition, plus commerciale celle-là, qui se déroule en marge des Jeux. Nicole Triouleyre

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