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« La Tribune ». - De plus en plus d'éditeurs, de centres de formation ou d'entreprises passent au CD-ROM. N'y a-t-il pas un peu un phénomène de mode ? Pascal Rosier. - Le multimédia et le CD-ROM sont trop souvent mis en avant pour que les entreprises et les individus y soient insensibles. Comme pour toute nouvelle technologie, il y a à la fois de la curiosité, de la fascination et parfois de la répulsion. Le multimédia fait rêver, on en attend beaucoup et surtout on ne sait pas toujours ce que l'on peut en attendre. Cela étant dit, il faut reconnaître que le CD-ROM offre des possibilités qui justifient que l'on s'y intéresse et je crois que les entreprises vont progressivement apprendre à le mettre à profit. Nous avons récemment réalisé plusieurs bilans annuels. Trop souvent, nos clients souhaitent présenter leur entreprise sur CD-ROM pour être à la mode, en reproduisant pour ainsi dire le support papier. Dans ce cas, le CD-ROM offre peu de valeur ajoutée par rapport à son homologue papier. Mais si on réalise une présentation sur CD-ROM en exploitant les liens hypertexte pour mettre en lumière certaines informations, en incluant un outil de recherche, avec une interface de navigation réellement intuitive, alors le CD-ROM n'est plus du tout un phénomène de mode. Les entreprises peuvent-elles intégrer les outils de production de CD-ROM ? Pourquoi pas ? Il y a 8 ans, lorsque la PAO a fait son appa- rition, les personnes compétentes étaient rares et les entreprises se les arra- chaient à prix d'or. Aujourd'hui, on trouve plus facilement des personnes qui savent manier correctement des logiciels d'édition comme XPress et il n'y a pas de raison que le même phénomène de banalisation ne se produise pas dans le domaine des CD-ROM. Mais jusqu'à un certain point seulement car, contrairement à la PAO dont les technologies sont à peu près stables depuis plusieurs années, en matière de CD-ROM, les technologies sont appelées à évoluer encore. La vidéo sur ordinateur n'en est qu'à ses débuts, les procédés de compression d'images vont s'améliorer. Même chose avec l'image de synthèse qui nécessite encore aujourd'hui une grande puissance de traitement. Le CD-ROM fait appel à un ensemble de technologies qui impliquent une formation permanente. Dans ces conditions, une entreprise peut tout a fait envi- sager de créer une cellule interne de production de CD-ROM, mais ce n'est certainement pas la solution la plus économique ni la plus efficace. Mis à part les éditeurs qui passent du papier au CD-ROM et pour lesquels il s'agit d'une évolution de leur métier de base, je ne conseille à aucune entreprise de se lancer dans cette voie là . Nous avons assuré la réalisation technique d'un CD-ROM pour le Syndicat professionnel de la Coiffure qui s'est beaucoup impliqué sur le contenu mais qui ne souhaitait clairement pas en assurer la réalisation. Quelles demeurent aujourd'hui les limites du CD-ROM ? Elles sont nombreuses et essentiellement techniques. Quoi qu'en disent les fournisseurs de matériels, il existe encore beaucoup d'incompatibilités entre les matériels. Cela signifie que vous allez développer un produit, le tester aux différentes étapes de sa conception, puis le mettre au point sur plusieurs machines... et vous avez le risque qu'il ne fonctionne pas sur certaines d'entre elles. Combien de temps cette situation va-t-elle encore durer ? Je pense que les technologies vont se stabiliser au cours des trois prochaines années. Ce qui ne signifie pas qu'il n'y aura plus d'évolutions ultérieures mais qu'à ce moment là, on disposera d'une batterie d'outils cohérents et homogènes. Un autre developpement majeur à attendre dans le domaine du multimedia de formation est l'alliance du off-line et du on-line. On sait realiser aujourd'hui des CD-ROM de formation pour les réparateurs de photocopieurs. Par essence, ce genre de CD-ROM court le ris- que d'être rapidement obsolète ou incomplet : pannes non repertoriées, comportement inattendus avec de nouvelles gammes de papier, modifications mineures apportées sur les chaînes de fabrication, changement de prix, de délais de livraison... Plutôt que de refaire le même CD-ROM tous les trimestres, il est plus économique et plus rapide de faire une mise à jour on-line en réincorporant de facon automatique, par une connexion à Internet par exemple, les éléments nouveaux. C'est dans cette direction que nous travaillons actuellement. Propos recueillis par Frédéric Lorenzini

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