La Défense veut faire entrer l'informatique dans le rang

La Défense représente les deux tiers des marchés publics de l'Etat. Une manne pour les fournisseurs informatiques ? La réponse relève du parcours du combattant... "Notre organisation informatique n'est pas centralisée. Déterminer le budget informatique de la Défense est un point délicat. Car les chiffres ne sont pas agrégés", reconnaît Marcel Raffin (voir interview page suivante), directeur central adjoint de la DiRiSi (Direction interarmées des réseaux d'infrastructure et des systèmes d'information de la Défense).Un rapport du sénateur Jean Arthuis publié l'an dernier soupèse la part de l'informatique à 1,9 % de la dépense du ministère de la Défense (MinDef) - citant la direction du Budget au ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie (Minefi). Quant au budget du MinDef, le projet de loi de finance 2005 l'évalue à 32,92 milliards d'euros. On arriverait donc à environ 625 millions d'euros."Mais ces chiffres ne veulent rien dire, s'exclame un haut gradé. Dans un avion de combat tel que le Rafale, comment déterminer la part de l'informatique et des télécommunications du reste ?" En revanche, Thales sait très bien utiliser sa calculette. Le groupe d'électronique a gagné 1 milliard d'euros en 2004 grâce aux seules ventes de ses systèmes de navigation, de communication et d'attaque qui équipent l'avion de chasse tricolore.Rigueur et transparence. On peut comprendre que certaines informations économiques relèvent du secret défense. Il n'en reste pas moins vrai que, dans le contexte de la Lolf (loi organique relative aux lois de finance), les indicateurs économiques du Minefi doivent devenir beaucoup plus rigoureux et transparents afin que le Parlement maîtrise le vote du budget. Pour y parvenir, le MinDef mène "une réflexion pour installer une sorte de DSI (Direction des systèmes d'information)", souligne Jean-Paul Gillyboeuf, inspecteur général des Armées, qui a été chargé de mission sur ce thème auprès de Michèle Alliot-Marie et a interrogé plus de 300 hautes personnalités françaises et européennes. "Tous les pays européens se posent la question de la gouvernance des Sic (Système d'information et de communication) militaires et de la meilleure utilisation des crédits. Tout en tenant compte de la sécurisation et de l'intégrité des systèmes ainsi que d'une certaine souveraineté." Selon une source proche du dossier, la décision de créer cette DSI a été prise ce 23 mars. Quel serait alors son impact ? La Défense pourrait s'inspirer de la méthode de France Télécom. L'opérateur historique a créé une direction stratégique pour la gouvernance des systèmes d'information afin d'aligner son informatique sur son activité économique. Celle-ci s'appuie, au plan tactique et opérationnel, sur les directions des achats et sur les DSI de ses différentes entités. Pour la Défense, l'enjeu consiste à rendre interopérables des macrosystèmes décisionnels guerriers, capables de communiquer du ministre jusqu'au fantassin de base. Tout en maîtrisant les coûts. Erick Haehnse

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