Les gérants jettent leur dévolu sur l'or bleu

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D'après une étude récente de l'institut World Resources, au XXe siècle, la consommation mondiale d'eau a crû deux fois plus vite que la population. On comprend mieux, dès lors, que l'on puisse parler "d'or bleu". L'eau est devenu un thème d'investissement prometteur, chiffres à l'appui : les sociétés cotées de ce secteur affichent par exemple une performance cumulée proche de 100 % sur les trois précédentes années, avec une volatilité inférieure à celle du marché.De tels rendements sont suffisants pour attirer l'attention des investisseurs, et donc, des sociétés de gestion. Depuis plusieurs années déjà, certaines se sont positionnées sur ce segment en lançant des fonds thématiques. La Suisse figure notamment au premier rang, avec le Sustainable Water Fund du groupe Sustainable Asset Management (SAM), qui affiche après cinq ans d'existence plus de 500 millions de francs suisses (320 millions d'euros) d'encours sous gestion, et le Pictet Global Water Fund, géré par Pictet Asset Management, autre pionnier du secteur. Ce dernier avait été lancé dès 2000, à une époque où les gérants cherchaient de nouvelles idées d'investissement pour prendre le relais des actions technologiques. Les gestionnaires de Benelux s'y sont mis également avec par exemple le fonds Eco Water du belge KBC affichant par exemple des encours de 86 millions d'euros, et du fonds Milieu & Water du néerlandais ASN avec ses 73 millions d'euros d'actifs.Certificat d'investissementLes banques d'investissement ne sont pas en reste. En marge des produits de gestion active, elles proposent désormais des véhicules d'investissement passifs, indexés sur des indices représentatifs, créés pour l'occasion. En Europe, c'est le cas de la Société Générale qui s'est associée cette année avec SAM et Dow Jones pour lancer le Wowax (pour World Water Index), un indice équipondéré sur 20 valeurs cotées dont la plus importante source de revenus provient des activités de distribution, d'infrastructures ou de traitement des eaux. Veolia Environnement en est l'unique composant français, les autres sociétés étant listées aussi bien en Amérique du Nord et Europe qu'en Asie et en Amérique latine.Logiquement, la Société Générale en a profité pour développer un certificat d'investissement, coté en Bourse de Paris, qui réplique les performances quotidiennes du Wowax. Le produit rentre en concurrence directe avec celui d'ABN-Amro, l'ABN-Amro Water Certificat, créé en 2005 et lié à un autre indice, conçu par la banque néerlandaise et Standard&Poor's.Aux États-Unis enfin, l'initiative est venue de l'Amex (American Stock Exchange), et de son Palisades Water Index, construit en partenariat avec WaterTech Capital, une société spécialisée sur des projets de capital-risque liés au secteur de l'eau. Là encore, il existe depuis cette année un "tracker" (fonds indiciel coté), le PowerShares Water Resources Portfolio, précisément calqué sur cet indice.Reste à savoir si l'eau sera bien un investissement... liquide. Les tailles de fonds thématiques, comme ceux de Pictet, SAM ou KBC, sont conséquents pour le secteur, mais encore trop modestes pour pouvoir parler de classe d'actifs à part entière. La capacité ne devrait cependant pas poser problème, dans la mesure où les projets de développement industriels s'annoncent nombreux. Selon une estimation de la Banque mondiale, le besoin d'investissements pour atténuer la pénurie en eau potable est "de l'ordre de 600 milliards de dollars dans les dix années à venir". De quoi étancher pour quelque temps la soif des investisseurs.Tarek Issaou

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