Vu d'ailleurs

The Moscow TimesLa CEI alimente les antagonismes russo-américains. Russie et Etats-Unis commencent à tirer des leçons des événements qui ont ébranlé la CEI, de l'Ukraine au Kirghizistan en passant par la Moldavie. D'une situation de confrontation entre les deux pays à propos de l'Ukraine, on est arrivé à une retenue mutuelle concernant le Kirghizistan. Mais l'épisode moldave montre bien la nécessite d'une concertation plus affichée. Une chose étrange est survenue en Moldavie au début du mois. La Russie et l'Occident étaient pour l'essentiel dans le même camp à l'occasion des élections du 6 mars : ils soutenaient l'opposition mais le pouvoir a quand même réussi à l'emporter. Or personne n'a entendu parler de cette identité de vue entre Washington et Moscou. Au contraire : les médias ont fait beaucoup de bruit autour d'une pseudo-confrontation et d'un soutien russe au régime moldave. Cette pression médiatique a fait renaître la rivalité habituelle et compromis une opportunité de collaboration. Un épisode qui démontre qu'une convergence d'intérêts ne suffit pas à surmonter un antagonisme atavique. La Russie et les Etats-Unis ont raté le coche en Moldavie. Ils doivent maintenant se demander combien d'opportunités ils peuvent encore se permettre de manquer.Un conseil pour le président kazakhLorsque j'ai commencé à écrire cet éditorial il y a une semaine, mon titre était "Quelques conseils pour Askar Akaev". Les événements au Kirghizistan se sont développés si rapidement que l'ex-président n'est plus en mesure de profiter de mes conseils, qui étaient : "Ne falsifiez pas les élections" et "n'emprisonnez pas les gens pour des motifs politiques". L'idée simple selon laquelle les gens descendent dans la rue lorsque leurs voix ne sont pas comptabilisées ne s'applique pas qu'aux pays de la CEI. Les dirigeants des pays baltes doivent réaliser qu'en refusant le droit de vote à une large part de la population, ils posent les bases d'une révolution. Mieux vaut perdre une élection que de passer - comme Ferdinand Marcos - le reste de sa vie en fuite sous le coup de procès intentés par le gouvernement de son propre pays. D'autre part, en falsifiant les élections et en jetant ses rivaux en prison, on transforme les leaders de l'opposition en révolutionnaires. Et, lorsqu'ils sortent de prison, ils apparaissent fatalement plus déterminés et populaires que jamais, comme le nouveau Premier ministre ukrainien Yulia Timochenko. Ce sont mes conseils pour le président kazakh Noursultan Nazarbaïev, mais je n'ai aucune objection à ce que quelqu'un d'autre en fasse usage...

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