La Haute-Normandie s'emballe pour les moteurs

Normandy Motor Valley", le pôle de compétitivité porté par la Haute-Normandie en liaison avec la Basse-Normandie existe déjà. Le moteur à taux de compression variable, qui permet une réduction potentielle de 30 % à 40 % des émissions polluantes en est issu. Le 14 octobre 2004, dans le cadre d'une "convention moteurs" réunissant PME et grands donneurs d'ordres régionaux, le technopôle du Madrillet (Rouen) présentait en effet en "première mondiale" ce moteur "MCE 5" développé au Centre d'Etudes et de recherche technologique en aérothermique et moteurs (Certam), centre de recherche privé qui vit de contrats avec des industriels.Cet exemple parmi d'autres montre bien l'existence d'une filière normande autour de l'énergétique, la motorisation et la propulsion. Avec son pôle baptisé "Normandy Motor Valley", cette région a l'ambition de devenir un centre de référence de dimension européenne - à l'image d'Aix-la-Chapelle (Allemagne) ou Graz (Autriche) - en matière de technologies des systèmes de propulsion appliquées aux moteurs automobiles, aéronautiques et spatiaux. Au niveau industriel, le projet est porté par Renault, très implanté en Normandie, et par Snecma, qui fabrique à Vernon les moteurs Vulcain du lanceur Ariane. Le pôle est adossé à une plate-forme technologique, le technopôle du Madrillet, dédié aux technologies des moteurs, de la propulsion et des systèmes de combustion.Les domaines visés par ce pôle concernent d'abord le moteur à combustion thermique qui "a encore de grandes perspectives d'évolution, selon Jean-Dominique Wagret, délégué général de Renault en Haute-Normandie, qui pilote en région le projet avec Gilbert Mary, directeur de l'établissement Snecma de Vernon (Eure). Les recherches à court et moyen terme vont aller dans le sens d'une réduction de la consommation et de la taille des moteurs, d'une optimisation des rendements, d'une diminution des émissions polluantes de base (avec, par exemple, le projet de moteur Diesel à combustion homogène), des nuisances sonores et de l'utilisation des énergies de substitution."Ruptures. Le deuxième grand axe de recherche concerne les "ruptures technologiques" à venir dans le domaine de la combustion à l'horizon 2020-2025. Et en premier lieu, les systèmes faisant appel à des sources d'énergie multiples tels que les fameux groupes motopropulseurs à pile à combustible. Cette technologie fait appel à l'hydrogène. Dans une version intermédiaire qui ne modifie pas fondamentalement les circuits de distribution de carburant, le moteur contient un "reformer" qui produit de l'hydrogène (mais aussi du monoxyde et du dioxyde de carbone) en transformant des hydrocarbures (essence, kérosène) et des alcools. C'est le projet "Respire" (réduction des émissions par système pile et "reformer" essence) qui associe Renault, Snecma et Total. "Cette étape pourra être suivie d'autres", estime Gilbert Mary en faisant allusion aux systèmes utilisant directement l'oxygène et l'hydrogène ultrapur obtenu par hydrolyse. "Dans ce domaine, poursuit-il, l'expérience acquise par l'usine de Vernon dans les moteurs d'Ariane est précieuse."Dans une logique plus transversale, qui associe notamment Hurel-Hispano (nacelles de moteurs d'avion, Le Havre, groupe Snecma), des entreprises du secteur de l'énergie, l'université du Havre et le CNRT "matériaux" de Caen, le pôle entend travailler sur la thématique des matériaux et des allégements de structures.Claire Garnier, à RouenUn centre de référence11.000 emplois dans les technologies moteurs.80.000 emplois concernés par ce pôle (automobile, aéronautique, pétrochimie, énergies de substitution).100 bancs d'essais moteurs entres les différents centres de R&D.

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