Paris et Berlin veulent taxer le transport aérien

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Les Européens vont-ils bientôt payer 1 euro de plus par billet d'avion acheté pour financer la lutte contre la pauvreté ? Les grands argentiers se sont de nouveau engagés à Londres à "augmenter les niveaux de l'aide" en faveur des pays pauvres. Mais les situations budgétaires des pays riches étant ce qu'elles sont, ils rivalisent d'imagination pour dégager de nouvelles ressources.Londres propose de créer une nouvelle facilité financière internationale (IFF, selon l'acronyme anglais). L'idée est d'émettre un emprunt sur les marchés internationaux dont le remboursement serait gagé sur la hausse future de l'aide publique au développement. Paris préconise la création d'une taxe internationale. Son principal argument : dégager des ressources pérennes. Le communiqué du G7 y fait pour la première fois explicitement référence.En vue du sommet des chefs d'Etat (G8) de Gleneagles (Ecosse) en juillet prochain, le G7 s'est ainsi accordé sur un programme de travail portant sur la facilité financière internationale (IFF) britannique, les taxes internationales étudiées dans le rapport Landau, qui pourraient également permettre le refinancement de l'IFF, ainsi que le programme d'aide au développement de Washington (Millenium Challenge Account).Désaccord des Etats-Unis. Mais le fait d'y travailler ne signifie pas qu'il y a unanimité sur ces sujets. S'agissant de la création d'une taxe internationale, chère à Jacques Chirac, le sous-secrétaire d'Etat au Trésor John Taylor a souligné que "les Etats-Unis ne [soutenaient] pas cette initiative". Même chose pour l'IFF. "Nous n'appuyons pas cette initiative. Elle ne marche pas pour nous."Faute du soutien des Etats-Unis, l'Europe a décidé d'avancer seule. La France et l'Allemagne ont décidé d'adopter une initiative commune de financement d'un programme de santé, notamment pour l'Afrique, mêlant IFF et taxation internationale. "Les deux mécanismes seront présentés et discutés avec les autres membres de l'UE, en vue de les lancer avant la fin de l'année, avec un groupe de pays aussi large que possible", indique le communiqué des deux pays.Cette initiative franco-allemande sera au programme du prochain conseil des ministres des Finances de l'UE (Ecofin), a indiqué Hervé Gaymard, le ministre de l'Economie français, où elle devrait recevoir un accueil plutôt favorable, si l'on en croit le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, dont le pays assure la présidence de l'Union. "Je sais que la plupart des ministres des Finances de l'Union sont en faveur d'une taxe sur le kérosène" pour financer l'aide au développement, a-t-il expliqué ce week-end à Londres.A Davos, Jacques Chirac avait pour sa part proposé une taxe de 1 euro sur chaque billet d'avion émis. L'avantage d'une taxe sur le transport aérien est qu'elle ne crée pas de distorsion de concurrence avec les autres zones. Mais Bruxelles aura à coeur d'étudier toutes les pistes ouvertes par le rapport Landau sur les taxations internationales. Si un accord sur le principe est possible dès cette année, Hervé Gaymard doute toutefois qu'une telle taxe voit le jour avant l'année prochaine.X. H. et Andréa Morawski, à Londre

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