FO demande à son tour une taxation du travail précaire

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Haro sur le travail précaire. Une semaine après la CGT, le syndicat FO a présenté hier à son tour ses propositions en vue de l'ouverture le 8 novembre de la négociation sur le renouvellement de la convention d'assurance chômage. D'entrée de jeu, son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, a été très clair : il n'est pas question pour son syndicat d'accepter une nouvelle baisse de la durée d'indemnisation que, selon lui, le Medef ne manquera pas de proposer pour réduire le trou de l'Unedic qui atteint plus de 13,5 milliards d'euros en cumulé. En revanche, comme il le fait depuis plusieurs années, le syndicat compte concentrer ses tirs sur le travail précaire dont, selon lui, les abus pèsent fortement dans la détérioration des comptes de l'Unedic.A l'appui d'une batterie de statistiques, Jean-Claude Quentin, le négociateur FO, a estimé que les fins de contrats précaires (CDD et intérim) représentaient 65 % des entrées dans le régime d'indemnisation. Et d'ajouter que ces mêmes CDD et intérim "représentaient 7 % des contributions du régime, soit 1,71 milliard d'euros, mais 29 % des allocations versées, soit 8,2 milliards d'euros". Pour autant, FO n'a pas précisé le montant de la surcotisation qu'il compte proposer. Le syndicat a juste estimé qu'une augmentation d'un point des cotisations employeurs sur les CDD et l'intérim rapporterait respectivement 150 millions et 122 millions d'euros.Constatant, par ailleurs, que seuls 40 % des chômeurs sont actuellement indemnisés, dont 86 % perçoivent une indemnité journalière inférieure au Smic, FO demande une augmentation de la participation de l'État dans le financement de l'indemnisation chômage. Et de proposer, par exemple, que la rémunération de 3.624 agents de l'ANPE actuellement assurée par l'Unedic soit transférée à l'État."Effets d'aubaine." Pour dégager des économies, FO compte aussi partir en guerre contre certains mécanismes qui provoqueraient trop "d'effets d'aubaine". Il en serait notamment ainsi de "l'aide dégressive" versée par l'Unedic (soit un coût global de 130 millions d'euros) à des employeurs qui recrutent à temps partiel des chômeurs. Autre futur cheval de bataille de FO, le Pare (plan d'aide au retour à l'emploi), dont l'échec serait patent : les reprises d'emploi à la suite d'une formation assurée dans le cadre du Pare étant à peine supérieures à celles non précédées d'une formation.J-.C.C.

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