Villepin compte tirer profit dela nouvelle baisse du chômage en mai

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Est-ce déjà l'effet du Mondial ou plus simplement celui de la confiance sans faille que vient de lui renouveler le chef de l'État ? C'est en tout cas un Premier ministre déterminé et ragaillardi qui s'est exposé hier aux questions des journalistes pour sa douzième conférence de presse depuis son arrivée à Matignon. Le chef du gouvernement a laissé entendre que les chiffres du chômage pour le mois de mai, qui seront officiellement connus demain, seront de nouveau en baisse. " Dans la bataille pour l'emploi, nous espérons une bonne nouvelle pour les prochains jours ", a déclaré Dominique de Villepin.Pour le gouvernement, la poursuite de la décélération du chômage le mois dernier, qui confirme un mouvement amorcé depuis un an, est le meilleur atout pour vanter son bilan. Depuis le printemps 2005, le nombre des demandeurs d'emploi a diminué de 200.000, grâce notamment à la montée en charge du plan de cohésion sociale piloté par le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo. Le taux de chômage s'établissait fin avril à 9,3 % contre 10,2 % un an auparavant.Au plus bas dans les sondages, le Premier ministre peut espérer tirer profit de la poursuite de la baisse du chômage. Deux jours après l'intervention de Jacques Chirac qui l'a conforté à la tête du gouvernement en mettant en avant les résultats de son action, notamment sur la croissance et l'emploi, Dominique de Villepin a tracé à son tour sa feuille de route pour les dix mois qui le séparent de la présidentielle de 2007. Sera-t-il lui-même candidat ?Alors que la majorité le presse de faire connaître ses intentions, le Premier ministre a confié hier qu'il n'avait " pas d'ambition présidentielle " et qu'il tenait à " se consacrer entièrement " à sa " tâche gouvernementale ". Soucieux de tourner la page des tourments passés, du CPE à l'affaire Clearstream, qui ont plombé sa popularité dans les sondages, le chef du gouvernement assure que les tensions avec la majorité ne sont plus d'actualité. Aujourd'hui l'atmosphère avec les députés est " amicale et chaleureuse " et " le climat est apaisé ", affirme celui à qui Jacques Chirac a demandé lundi soir de mieux écouter la majorité...L'emploi. Pour les dix prochains mois, la priorité du gouvernement restera l'emploi " jusqu'au dernier jour", a affirmé le Premier ministre, entouré des ministres de l'Emploi et de l'Égalité des chances, Jean-Louis Borloo et Azouz Begag, comme pour mieux symboliser le recentrage de sa politique.À moins d'un an des élections, le chef du gouvernement prône le renforcement de la lutte pour l'égalité des chances et se montre déterminé à attaquer le mal à la racine. De nouvelles mesures vont être mises en place dès la rentrée prochaine à l'école et à l'université pour tenter d'" offrir les mêmes chances de réussite à tous les enfants ". 1.000 postes supplémentaires d'enseignants seront créés dans les écoles primaires pour la rentrée de septembre et des moyens accrus seront donnés aux établissements le plus en difficulté. 249 collèges feront partie d'un programme " ambition-réussite " et disposeront de 1.000 enseignants expérimentés et de 3.000 assistants pédagogiques. Les " élèves perturbateurs " seront pris en charge dans des structures spécialisées au sein de l'éducation nationale.Pour ne pas alourdir le déficit de l'État, c'est un redéploiement des effectifs du secondaire vers le primaire qui permettront ces créations de postes.L'égalité des chances se joue aussi à l'université, parent pauvre en France de l'enseignement supérieur. S'inspirant des propositions du rapport Hetzel sur le lien université-emploi, remis aujourd'hui aux ministres Gilles de Robien et François Goulard, le Premier ministre a annoncé qu'" un service de l'orientation, des stages et de l'emploi " sera mis en place dans le courant de l'année 2006-2007 dans chaque université. Par ailleurs, tous les bacheliers 2006 auront accès, en préparant leur licence, à une formation en langue étrangère et en informatique.Éclairer le débat. Échaudé par l'affaire du CPE, Dominique de Villepin ne plaide pas pour autant pour l'immobilisme. Il ne renonce pas à l'idée de faire évoluer le système français pour " créer les conditions du plein-emploi ". " Nous devons continuer à réfléchir à l'adaptation de notre modèle économique et social ", a-t-il déclaré, en souhaitant utiliser les mois qui viennent pour " éclairer le débat " par la " concertation ". Ce sera pour lui " l'un des enjeux des prochaines échéances électorales ". Le président de l'UMP a déjà lancé ses idées, évoquant la réforme du contrat de travail et une sécurité sociale professionnelle inspirée du modèle danois de " flexsécurité ". Avec un même objectif : faire sortir la France du chômage de masse, soit, pour Dominique de Villepin, retrouver un taux de demandeurs d'emploi par rapport à la population active " autour de 7 % ".

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