Le revirement de Tony Blair sur sa politique énergétique

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À quelques jours du G8, Londres lance un signal fort pour le nucléaire. Le gouvernement britannique a présenté hier les conclusions de son rapport sur la politique énergétique. Celui-ci plaide pour un retour aux investissements dans le nucléaire, afin de réduire la dépendance énergétique. Actuellement le Royaume-Uni produit un peu moins de 20 % de son électricité à partir des centrales nucléaires (contre 40 % via le gaz et 33 % via le charbon), mais celles-ci fermeront totalement d'ici à 2035 si aucun investissement n'est réalisé. Or, Londres a décidé en 2003, dans son dernier livre blanc sur l'énergie, de geler les efforts dans ce domaine pour investir en revanche dans le renouvelable, notamment l'éolien. En trois ans, cependant, la part de l'éolien est passée de 3 à 4 % du total national, rendant improbable l'objectif de 10 % en 2010 fixé dans le livre blanc.C'est pourquoi Tony Blair a décidé de relancer le nucléaire, comme réponse à deux défis parallèles : la difficulté de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre en tablant uniquement sur le renouvelable, et la dépendance énergétique croissante du Royaume-Uni à l'étranger, suite à l'épuisement annoncé des réserves en mer du Nord. En l'absence de changements, le pays risque d'importer 90 % de son gaz en 2020, ce qui le mettra à la merci de la Russie ou du Proche-Orient.La question est maintenant de savoir quels encouragements le gouvernement va donner aux acteurs du nucléaire. Officiellement, on exclut d'accorder des subventions au secteur privé et on exige que les projets soient " économiquement solides ". Interrogé par la BBC, Vincent de Rivaz, le directeur exécutif d'EDF Energy, filiale britannique de l'électricien français, a affirmé que l'industrie veut un " cadre législatif et administratif clair et à long terme " et qu'il appartiendra ensuite aux entreprises de soutenir " les coûts et les risques opérationnels ". Pour mémoire, Jacques Chirac et Tony Blair ont signé un accord pour créer des groupes de travail commun sur le nucléaire lors de leur dernier sommet, le 9 juin à Paris.

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