François Fillon veut tout réformer pour permettre le plein-emploi

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Mettre en musique le programme électoral de Nicolas Sarkozy en appliquant à la France une thérapie de rupture avec les politiques passées : voilà la mission que se fixe François Fillon qui a prononcé hier devant les députés son discours de politique générale. Un exercice toujours très attendu, qui n'a guère réservé cette fois de surprises. Il faut dire que le terrain avait déjà été bien balisé par le chef de l'État qui avait présenté la semaine dernière devant les élus UMP la feuille de route précise du gouvernement pour les cinq ans à venir.UN CONCEPT NOUVEAULe Premier ministre n'a donc pas fait hier d'annonces spectaculaires mais il a affiché sa volonté déterminée d'engager la France sur la voie des réformes structurelles susceptibles de sortir le pays de l'enlisement. Reprenant à son compte l'engagement du candidat Sarkozy pendant la campagne, François Fillon se fixe comme objectif prioritaire le retour au plein-emploi, soit un taux de chômage de 5 %, à la fin du quinquennat. Pour atteindre cet objectif, il prône une " nouvelle croissance ", reposant sur un triptyque : " une croissance forte, une croissance saine qui ne soit pas dopée artificiellement par les dépenses publiques, une croissance solidaire. " Un concept neuf qui s'oppose à la " vieille croissance " du passé, marquée, selon le Premier ministre, par " le choix des déficits, les prélèvements obligatoires, le partage du travail ". " La vieille croissance, c'est depuis quinze ans un point de croissance en moins que la croissance européenne et deux points de plus en matière de chômage ", a-t-il déploré.Pour accéder à cette " nouvelle croissance ", François Fillon propose un vaste plan de réformes structurelles. Partant du constat que le " modèle français " doit être repensé " de fond en comble ", il veut s'attaquer à la réforme du marché du travail, en y associant de près les partenaires sociaux, convaincu qu'" on ne bâtit pas une économie efficace sur les décombres de la cohésion sociale ". Les règles du jeu sont claires : patronat et syndicats sont " invités " à faire des propositions précises sur les thèmes retenus, notamment le contrat de travail unique et la réforme du mode d'indemnisation du chômage. " À la fin de l'année, elles devront être mises sur la table. Si tel n'est pas le cas, le gouvernement prendra ses responsabilités sans faillir ", a averti hier le Premier ministre.LE GOUVERNEMENT PRET A AGIRLa menace est sérieuse : en cas d'échec, le gouvernement imposera les réformes par la loi. Il a aussi demandé aux partenaires sociaux d'engager, en 2008, la " refondation " du système de formation professionnelle qui brasse chaque année 24 milliards d'euros, en excluant pourtant 60 % des salariés.La " nouvelle croissance " suppose aussi une remise à plat du système des prélèvements. Le gouvernement étudiera d'ici à la fin de l'année la révision globale de la fiscalité afin d'identifier les impôts les plus " anti-économiques ". " Nos entreprises ont besoin de prélèvements fiscaux et sociaux intelligents ", a plaidé le Premier ministre, pour qui " la réforme globale de notre système fiscal est un impératif ". Quant au débat sur la TVA sociale, " il aura lieu ", a-t-il tranché. Soucieux d'améliorer l'environnement réglementaire des entreprises, François Fillon envisage l'expérimentation de la suspension de certains effets de seuil.La modernisation de la démocratie sociale et politique fait aussi partie du programme d'action du Premier ministre. Les syndicats n'échapperont pas à la réforme de la représentativité " qui doit reposer sur le critère de leur audience parmi les salariés ". Le rôle du Parlement sera par ailleurs renforcé, avec un contrôle parlementaire qui sera étendu aux nominations à certains postes publics, dirigeants d'entreprises publiques et responsables des autorités administratives indépendantes.

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