Les républicains se déchirent sur l'avenir des immigrés clandestins

Divisés sur l'explosif dossier de l'immigration clandestine, les candidats à l'investiture républicaine vont pouvoir mesurer leur popularité à l'occasion de la primaire organisée aujourd'hui en Floride. Sur ce sujet clef dans le " Sunshine State ", John McCain, crédité de 33 % des intentions de vote selon Zogby, et Mitt Romney, qui recueille 30 %, ne cessent de s'affronter depuis le début de la campagne.Partisan d'une régularisation sous conditions des immigrés clandestins vivant aux États-Unis, McCain bénéficie du soutien du populaire gouverneur de Floride, Charlie Crist, et du sénateur Mel Martinez, très influent auprès de la communauté latino-américaine de cet État. Mitt Romney, qui dénonce le projet d'" amnistie " de John McCain, a en revanche été très critiqué par Mel Martinez. Favorable à une politique répressive vis-à-vis des clandestins, l'ancien gouverneur du Massachusetts a reçu le soutien de Tom Tancredo, le candidat qui avait fait du renforcement des lois sur l'immigration le thème majeur de sa campagne. Romney est " le meilleur espoir pour notre cause ", a déclaré Tancredo lorsqu'il a renoncé à sa candidature le mois dernier.Depuis qu'un projet de régularisation des clandestins soutenu par la Maison-Blanche a été enterré l'an dernier par des élus républicains au Congrès, le Grand Old Party perd de l'influence auprès de l'électorat latino. Alors que George W. Bush avait resserré les liens avec cette communauté en 2004, 57 % des électeurs latino-américains inscrits affirment soutenir les démocrates, selon le Pew Hispanic Center. Or, les latinos - la plus grande minorité des États-Unis, forte de 43 millions d'individus - représenteront 9 % des électeurs cette année.Le 4 novembre, les démocrates espèrent profiter de leur soutien pour remporter les États où cette communauté est très présente, dont la Floride, l'Arizona, le Nouveau-Mexique et le Nevada. Pourtant, les favoris à l'investiture démocrate, Hillary Clinton et Barack Obama, évitent d'aborder le sujet de l'immigration clandestine lors des débats télévisés car ils veulent ménager l'Amérique profonde sans s'aliéner un électorat hispanique de plus en plus militant.DEMAGOGIEAlors que les entreprises qui emploient des immigrés clandestins ont été mises à l'index pendant la campagne, les milieux d'affaires déplorent la démagogie des candidats. Dans un récent éditorial, le Wall Street Journal a rappelé que, " entre 1994 et 1995, le nombre d'immigrés clandestins a pratiquement doublé, passant aux alentours de 12 millions ". Pour autant, le quotidien des affaires souligne que le taux de chômage - actuellement à 5 % - demeure faible aux États-Unis et que, ces dernières années, les actes criminels ont chuté dans les villes accueillant le plus grand nombre d'immigrés, dont Miami, New York et Los Angeles.Le groupe de textile American Apparel, qui fabrique tous ses vêtements à Los Angeles, a décidé de verser au débat. Sa dernière campagne publicitaire engage les candidats à réformer un " système obsolète " qu'il n'hésite pas à comparer à l'Apartheid.

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