Mobilisation historique dans la grande distribution

 |   |  418  mots
Historique ", " jamais vu ", " impressionnant ". L'ampleur de la grève qui a touché vendredi la grande distribution, pour des revendications liées aux salaires et aux conditions de travail, a surpris même ceux qui s'attendaient à un mouvement dur, dans un secteur peu coutumier des mobilisations nationales. " Le mouvement a été massif, affirme Frank Gaulin, délégué central CGT chez Carrefour Hypermarchés. Tout le territoire, toutes les enseignes ont été concernés, y compris les magasins isolés. " Même la fédération patronale, la FCD, admet n'avoir " jamais vu un tel mouvement national ", bien que les chiffres qu'elle annonce (4,5 % de grévistes, 40 % des hypers touchés et 8,5 % de l'ensemble des magasins) soient considérablement inférieurs à ceux des syndicats.L'ampleur du mouvement tient pour une part au fait qu'il s'agit de la première action concertée jamais lancée dans le secteur par plusieurs syndicats. En l'occurrence, la CFDT et FO, traditionnellement plus impliquées dans un rapport de dialogue avec la FCD, ont rejoint un front revendicatif emmené par la CGT. Mais la mobilisation s'est surtout nourrie d'une accumulation d'inquiétudes, dans une branche d'activité composée d'un grand nombre d'employés peu qualifiés.SYNDICAT PATRONAL MIS A MALLes préoccupations touchent d'abord aux rémunérations, alors que les négociations salariales sont précisément en cours. Les dernières propositions remises par la FCD le 31 janvier - une augmentation moyenne de 6,54 % - ont été perçues comme une " provocation " par les syndicats. " Une part de cette hausse traduit simplement le relèvement des niveaux les plus bas au Smic, conformément à la loi ", estime Gilles Desbordes, secrétaire général de la fédération CFDT Services. Pour lui, le ressentiment des employés est d'autant plus grand qu'ils sont aux premiers rangs pour observer la hausse des prix en magasins. À ce " ras-le-bol " s'ajoutent des préoccupations touchant aux conditions de travail : la distribution emploie un grand nombre de temps partiels (37 % des effectifs et 55 % des femmes), les salariés s'inquiètent de la perspective de travailler le dimanche, des rumeurs d'automatisation des caisses...La FCD semble avoir du mal à prendre ses marques face à cette grogne généralisée. " Le dialogue a toujours été actif et ouvert dans la branche ", estime son président Jérôme Bédier, qui regrette que les syndicats semblent faire le choix " politique " de cibler la grande distribution. Les syndicats, eux, se rencontrent aujourd'hui pour décider des suites à donner au mouvement.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :