L'élargissement de l'Alliance atlantique coûterait 220 milliards de francs sur quinze ans

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Quelle Otan pour quelles missions ? Répondre à cette question revient à trouver un accord sur le partage du coût financier que représente l'élargissement de l'Alliance Atlantique à trois ou cinq pays de l'Est. L'« addition » n'est évidemment pas la même si la Pologne, la Hongrie et la République tchèque deviennent les trois seuls nouveaux membres de l'Alliance, ou s'il faut intégrer également la Roumanie et la Slovénie. C'est moins le nombre de pays entrant qui gonfle la facture de l'élargissement que la capacité des entrants à régler en partie la note. De ce point de vue, il faut distinguer entre la Pologne et la République tchèque, d'une part, et la Hongrie, d'autre part. « Les deux premiers pays dépensent entre 2,5 % et 2,8 % de leur PNB pour la défense. Il ne semble pas déraisonnable de penser qu'ils pourront élever leur contribution à 3 %, comme l'exige leur participation à l'Otan », écrit Christian Schmidt dans la revue Sociétal. En revanche, l'effort sera plus prononcé pour la Hongrie, dont le budget de défense ne représente que 1,4 % du PIB. Une fourchette large. A fortiori, l'intégration de la Roumanie et de la Slovénie se solderait par une charge financière nette pour l'Alliance. Une étude d'avril 1996 de la Rand Corporation, centre d'analyse indépendant, estime le coût de l'élargissement de l'Otan, suivant les options stratégiques retenues, dans une fourchette large de 10 à 110 milliards de dollars, sur les quinze prochaines années. Hostilité. On peut écarter la stratégie haute qui consiste à installer à l'Est de nouveaux moyens de défense. En effet, la Russie a toujours fait savoir son hostilité à cette « vision de l'élargissement ». On peut également considérer qu'un renforcement des capacités de protection aérienne et terrestre est à éliminer. Non seulement celui-ci peut être assimilé à la première stratégie que refuse totalement la Russie, mais de plus il nécessiterait de nouveaux moyens financiers de la part des pays occidentaux. Or, ces derniers naviguent dans un contexte de réduction des déficits. Dans ce contexte, on peut estimer que le coût probable de l'élargissement de l'Otan serait plus proche de 35 à 40 milliards de dollars. Comment financer une telle enveloppe ? Les Etats-Unis ont déjà fait savoir que leur effort annuel, sur quinze ans, ne dépasserait pas 200 millions de dollars, soit globalement 3 milliards de dollars. Effort financier. Le solde de 32 à 37 milliards de dollars devra donc être partagé entre les pays membres et les nouveaux entrants. Sur la période considérée, dans l'hypothèse d'une Alliance élargie à trois pays, l'addition serait, en moyenne, de moins de 2 milliards de dollars (11,8 milliards de francs), soit environ 130 millions de dollars (767 millions de francs) par Etat et par an. Actuellement,« le total engagé des dépenses militaires des pays membres s'élève à 165 milliards de dollars », indique Christian Schmidt. Des pays comme l'Allemagne, la Grande-Bretagne et plus récemment la France ont décidé, en recalibrant le format de leur armée, de redéployer leurs crédits. L'effort financier lié à l'élargissement sera donc moins important que les chiffres ne le laissent penser. Eric Revel

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