Santé + Aubry veut améliorer la prise en charge des plus démunis

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Martine Aubry est venue en voisine ouvrir hier à Lille les travaux de la conférence nationale de la santé. Mais c'est aussi comme élue de cette région marquée par le chômage et l'exclusion que le nouveau ministre de l'Emploi et de la Solidarité a plaidé pour une meilleure prise en charge des soins des plus démunis. Pas plus que la branche famille, le système de santé ne trouve grâce aux yeux de la première adjointe de la métropole du Nord. « Les Français ne sont pas égaux devant les soins », a-t-elle martelé devant les membres de la conférence, chargés de donner des orientations générales pour préparer la loi de financement de la Sécurité sociale qui sera votée cet automne. « En 1997, en France, l'argent reste un frein à l'accès aux soins », a rappelé Martine Aubry, qui n'a pas hésité à comparer le système français à son homologue américain. Les raisons de cette discrimination ? Le ticket modérateur, part des soins qui reste in fine à la charge des assurés et qui est devenu pour les plus démunis « un obstacle insurmontable à des soins pourtant indispensables ». L'assurance maladie ne rembourse que 73,9 % des dépenses de santé aux assurés. C'est encore moins pour les seules dépenses de médecine de ville (hors hôpitaux), où le taux de remboursement tombe à 57 % ! Ceux qui ne disposent pas d'une couverture complémentaire, mutuelles ou assurances privées, doivent payer de leur poche. Or, si 14 % des assurés sociaux n'ont pas de complémentaire, 28 % des ouvriers non qualifiés et 6 % seulement des cadres supérieurs sont dans ce cas, selon des chiffres de la CFDT. Un tableau pessimiste qu'il faut nuancer puisque, pour les maladies graves, l'assuré est exonéré du ticket modérateur. Il en est de même pour les patients qui relèvent de l'aide sociale. Le problème ne sera pas réglé par l'assurance maladie universelle, qui ne fait que garantir une couverture sociale à tous les ressortissants. Le gouvernement peut-il diminuer ou supprimer le ticket modérateur pour les assurés les moins aisés ? Martine Aubry se refuse d'aller aussi loin, mais elle montre la voie, rappelant qu'une « meilleure prise en charge des plus démunis constitue l'un des défis du nouveau gouvernement ». Aux vues de l'état financier du régime, cela paraît bien improbable dans l'immédiat. Sauf à moins rembourser les assurés les plus aisés en mettant les prestations de l'assurance maladie sous condition de ressources. La piste a été rejetée par le porte-parole du gouvernement, Catherine Trautmann. On pourrait revoir le remboursement de certaines catégories de soins, en distinguant les actes indispensables et les soins de confort. Une tâche à laquelle aucun gouvernement n'a osé s'attaquer jusqu'ici. Isabelle de Gaulmyn

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