La France prête à faire « un effort » pour l'euro

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La France reste attachée au calendrier de la monnaie unique. L'affirmation n'est certes pas nouvelle, mais Dominique Strauss-Kahn, ministre français de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, s'est appliqué, hier à Bruxelles, à rassurer une fois encore ses partenaires. L'incertitude qui entoure les conclusions que le gouvernement tirera de l'audit des finances publiques françaises inquiète, en effet, certaines capitales. D'autant qu'au même moment, le débat s'amplifie outre-Rhin sur l'opportunité d'un report de la naissance de l'euro au-delà de janvier 1999. « L'idée d'un report n'est pas un bon thème de discussion, a commencé par indiquer le ministre français de l'Economie et des Finances. Il nous faut nous mettre en situation de respecter la date prévue. Si nous nous donnions un délai, le risque serait trop grand que de délai en délai, il ne se passe rien ». Evoquant ensuite, sans préjuger des résultats attendus le 21 juillet de l'audit des finances publiques, Dominique Strauss-Kahn a ajouté : « Je sens que nous devrons vraisemblablement faire un effort. » Un message d'autant mieux accueilli par ses partenaires que le ministre français, interrogé sur l'interprétation des propos tenus les jours précédents par Lionel Jospin, a affirmé qu'il ne faisait aucun doute pour lui que « l'existence de l'euro sera favorable à l'emploi ». Les mesures prises jusqu'ici par les gouvernements n'ont peut-être pas toujours été « cohérentes » avec la lutte contre le chômage, mais à long terme, a-t-il souligné, la stabilité ne peut que bénéficier à l'emploi. A noter que dans le débat sur la marge d'interprétation « en tendance » des fameux critères de Maastricht, le locataire de Bercy a profité d'un commentaire sur le programme de convergence présenté par l'Italie pour faire valoir qu'à ses yeux le paramètre de l'endettement public était plus important que celui du déficit public. L'évolution d'un stock, qui retrace une histoire économique, a-t-il commenté, est plus significative que celle d'un flux qui peut être plus facilement ajustée. Devinant sans peine l'arrière-pensée de son nouveau collègue, le président du Conseil, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, s'est dépêché de désamorcer le débat en récusant toute «compétition entre les critères». Il n'en reste pas moins que Dominique Strauss-Kahn ne fut pas seul à relever l'importance du déficit italien. Ses collègues allemand Théo Waigel et néerlandais Gerrit Zalm exprimèrent, eux aussi, des critiques à l'encontre d'un plan italien plus remarquable, il est vrai, par ses objectifs que par les moyens d'y parvenir. «Le moment de vérité viendra en septembre, quand le gouvernement italien précisera dans son projet de budget les mesures qu'il entend prendre», a d'ailleurs souligné le commissaire Yves-Thibault de Silguy. Dominique Strauss-Kahn s'est par ailleurs félicité du programme de travail proposé par Jean-Claude Juncker pour améliorer la coordination des politiques économiques des Quinze lors de la troisième phase de l'Union monétaire. Conformément aux recommandations du Sommet d'Amsterdam, il s'agira d'étudier les moyens de concrétiser les articles 102A, 103 et 109 du traité de Maastricht et, dans les faits, de renforcer le « pôle économique » face à la future banque centrale européenne. Une réunion informelle au Grand Duché, les 12 et 13 septembre, devrait permettre un premier tour de table. Le ministre français s'est également réjoui de voir la place réservé aux dossiers fiscaux : taxation de l'épargne, fiscalité des entreprises et surtout système actuel de la TVA qui donne lieu, selon ses dires, à des fraudes suffisamment importantes pour expliquer en partie les pertes de recettes dont pâtissent les Etats membres et, souligne le ministre, tout particulièrement la France pour qui la taxe à la valeur ajoutée représente une part importante des recettes fiscales. Marc Paoloni

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