Vers une hausse modérée des dépenses budgétaires en 1998

Dans sa lettre de cadrage servant de base à la préparation du budget 1998, Lionel Jospin évoque la nécessaire « stabilisation de la dépense publique ». Les prélèvements obligatoires ne devraient pas, non plus augmenter... mais cela vaut pour l'an prochain et non pour 1997. Concernant les dépenses, leoncept de « stabilisation » a pu laisser croire que le gouvernement Jospin s'alignait sur les préconisations de l'ancienne majorité, qui avait fait de la maîtrise de la dépense l'axe majeur de son projet de politique économique. En fait, il n'en est rien. Il s'agit pour le gouvernement Jospin de stabiliser la dépense publique en proportion de la richesse nationale, dont l'évolution est mesurée par le PIB. Autrement dit, si les prévisions de croissance sont de 2,5 % pour l'an prochain (chiffre auquel il faut ajouter une évolution des prix de 1,8 % par exemple, soit un total en valeur de 4,3 %), les dépenses publiques pourront augmenter de 4,3 %. Alain Juppé voulait, lui, limiter cette progression à l'inflation prévisionnelle, soit, dans cet exemple, 1,8 %. Consignes. La dépense publique (4.328 milliards de francs en 1996, soit 55 % du PIB) englobe toutefois, au-delà du budget de l'Etat, l'ensemble des dépenses sociales et des collectivités locales. Il n'est pas question que Lionel Jospin affiche pour le projet de budget 1998, présenté fin septembre en Conseil des ministres, une progression des dépenses atteignant 4,3 %. « Pour réduire le déficit, la hausse devra être très modérée », affirment les experts budgétaires. Autrement dit, les consignes de Lionel Jospin exigeant un redéploiement des crédits existants pour financer les nouvelles priorités devront être suivies à la lettre. La hausse des crédits l'an prochain tiendra donc surtout à la croissance inexorable de la charge de la dette (intérêts payés sur la dette de l'Etat) et à la rémunération des fonctionnaires. Concernant la dette, le gouvernement ne peut plus tabler sur la baisse des taux d'intérêt, qui a allégé ce poste budgétaire en 1997. Cette diminution des taux est derrière nous. A l'inverse, le déficit de 1997 va encore gonfler le stock de la dette, qu'il faut rémunérer. Plusieurs milliards de charges financières doivent donc être prévus. Dérive. Quant aux rémunérations des fonctionnaires, elles représenteront une charge supplémentaire de 15 à 20 milliards de francs. Le calcul est simple : un point de hausse des traitements des fonctionnaires représente, avec les dépenses annexes, plus de 6 milliards de francs. Or le vieillissement des fonctionnaires (le fameux glissement vieillesse technicité, GVT) va provoquer à lui seul une progression d'au moins 2 % des rémunérations, soit 12 milliards. En outre, le gouvernement Jospin ne va pas pouvoir éviter une nouvelle revalorisation des traitements. Au total, l'augmentation de la charge de la dette ainsi que celle des rémunérations des fonctionnaires représenteront une hausse proche de 2 % de l'ensemble des dépenses de l'Etat. Y aura-t-il par ailleurs des économies pour freiner cette dérive ? I. B.

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