Lionel Jospin appelle le Parti socialiste à la responsabilité

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Lionel Jospin a profité, samedi, de la tenue du conseil national du PS pour exposer les règles du jeu qu'il entend voir suivre par ses troupes. Selon son porte-parole, Manuel Valls, durant cette réunion à huis clos le Premier ministre a demandé à son parti « soutien, débat et responsabilité » en souhaitant qu'il n'y ait « pas de spectateurs grognons » face à l'action gouvernementale. « Je ne connais que la culture de responsabilité dans le gouvernement comme dans les partis politiques », a-t-il insisté. Un message principalement adressé à l'aile gauche du PS, qui s'est montrée particulièrement virulente sur les résultats obtenus au sommet d'Amsterdam puis, au côté d'Henri Emmanuelli, à propos de la fermeture de Renault Vilvorde. Concernant le sommet européen : « Qu'est-ce qu'il fallait faire ? », a questionné Lionel Jospin, « provoquer une crise dans la cohabitation, une crise européenne, une crise monétaire ? » Selon lui, on peut parfaitement « le critiquer », mais encore faut-il « poser les alternatives » aux choix arrêtés pour éviter cette triple crise. « Le devoir de vérité ». Le Premier ministre a insisté sur « le devoir de vérité » vis-à-vis des Français, dans le cadre des choix politiques et économiques à venir. Car il s'agit de tenir les engagements de la gauche « plurielle » « dans des conditions difficiles », a-t-il rappelé en évoquant la situation du chômage, des déficits sociaux et des dossiers « avancés », mais « non gagés » par le précédent gouvernement, comme le GAN, le CIC, Thomson et l'industrie de l'armement. D'où une hiérarchisation des priorités : « L'emploi, la lutte contre les inégalités pour la justice sociale, la performance économique du pays et notre engagement européen » , ce dernier étant qualifié de « choix historique et stratégique ». A la sortie de la réunion, et afin de lever toute ambiguïté sur cette hiérarchie, Lionel Jospin a précisé que ces quatre priorités « sont un tout » et que c'est « l'ensemble qui faut mener de front ». Devant le conseil national, il a réaffirmé que certains choix à réaliser seront « exposés devant le pays ». Selon son porte-parole, cela se fera par le biais des médias, du Parlement, des partis politiques... mais ne signifie en aucun cas « une consultation expresse des citoyens », sous la forme d'une demande de référendum auprès du chef de l'Etat. Critiques. Quant au prochain congrès du PS, qui se déroulera à Brest les 21, 22 et 23 novembre prochain, Lionel Jospin espère qu'il sera fait « de propositions et d'orientations » mais « sans remettre en cause » la ligne « majoritaire » qu'il a lui même tracée depuis la présidentielle de 1995 et dont il se sent « comptable ». La Gauche socialiste, emmenée par Jean-Luc Mélenchon et Julien Dray, de nouveau très critique samedi vis-à-vis du gouvernement, préparera sa propre motion. Quant à Henri Emmanuelli, il a confié en marge du conseil national qu'il ne serait pas candidat, lors du prochain congrès, au poste de premier secrétaire du PS contre François Hollande. Jean-Pierre Gratien

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