Les tories axeront leur campagne législative sur les services publics et la sécurité

Avec la dissolution officielle du Parlement, hier, et la présentation par tous les partis, cette semaine, des programmes respectifs, la campagne en vue des élections du 5 mai entre dans le vif au Royaume-Uni. Les conservateurs de Michael Howard ont été les premiers à lancer leur manifeste, qui tourne autour de six points : plus de police, des hôpitaux plus propres, moins d'impôts, plus de discipline à l'école, contrôle de l'immigration, responsabilité. Le chef de l'opposition a déclaré : "Le temps est venu de changer, de passer à l'action", après huit ans de "paroles" de la part des travaillistes. Les tories ont choisi de mettre l'accent sur les services publics et la sécurité. Ils promettent de dépenser "la même somme que le Labour" dans la santé, l'éducation, les transports (et dans l'aide au développement), mais "plus que le Labour" pour la police, la défense et les retraites."Immigration contrôlée." En contrepartie, ils s'engagent à "couper d'autres dépenses", à supprimer 235.000 postes dans la bureaucratie et à geler les embauches dans la fonction publique. Objectif : économiser 12 milliards de livres (17,5 milliards d'euros) à l'horizon 2007-2008, dont 8 milliards via de moindres emprunts publics et 4 milliards via des réductions d'impôts "au cours du premier budget". Les tories veulent accroître les dépenses du gouvernement, d'ici à 2011-2012, de 4 % par an, contre 5 % pour le Labour.Blair a fini par admettre que Brown est la meilleure carte à jouer pour le Labour.Pour lutter contre la criminalité, Michael Howard promet de recruter 5.000 nouveaux policiers par an. Il se prononce d'autre part pour une "immigration contrôlée", ce qui veut dire "fixer un plafond annuel" aux entrées au Royaume-Uni et assurer un contrôle "vingt-quatre heures sur vingt-quatre" aux frontières. Le Labour est accusé de laisser entrer dans le pays plus de 150.000 personnes par an. Les conservateurs souhaitent une Europe "flexible, libérale et décentralisée". Ils disent "non" à la Constitution (Michael Howard promet un référendum dans les six mois après les élections), ainsi qu'à l'euro, ce qui - soulignent-ils - les distingue des travaillistes et des libéraux-démocrates. Ils réclament une réforme de la politique agricole commune (PAC) et le rapatriement des compétences dans la politique de pêche commune. Le droit de sortir de la Charte sociale est évoqué comme une priorité. Quant à l'Europe de la défense, elle n'est envisageable que "dans le cadre de l'Otan".Aujourd'hui, les Verts vont dévoiler leur programme, alors que demain (la date n'est pas officielle) ce sera le tour du Labour et jeudi celui des libéraux-démocrates. Dans le camp travailliste, Gordon Brown voit entre-temps son rôle grandir de jour en jour. Après avoir tenté de l'écarter, Tony Blair a fini par admettre que le chancelier (grâce à sa bonne gestion de l'économie) est la meilleure carte à jouer pour le Labour pendant cette campagne. Non seulement, Blair a indiqué qu'il garderait Brown au Trésor en cas de victoire, mais les deux hommes sont apparus côte à côte dans un film vidéo électoral tourné... dans le bureau du Premier ministre.Andrea Morawski, à Londre

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