Le Japon et les États-Unis cherchent à isoler la Corée du Nord

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Alors que les États-Unis célébraient mardi leur fête nationale, le Japon aura eu droit à l'une des plus effroyables nuits des étoiles filantes de son histoire. Dans la nuit de mardi à mercredi, Pyongyang a en effet lancé une série de missiles balistiques dans la mer du Japon.Cette action, pressentie depuis plusieurs semaines, a provoqué la fureur de Tokyo, de Washington et de leurs alliés, qui ont déjà annoncé leur volonté de prendre des mesures de rétorsion économiques. En revanche, Séoul, Pékin et Moscou, les trois autres membres des discussions à six, sont restés muets ou, tout au plus, très modérés dans leurs commentaires." La Corée du Nord a réalisé son lancement malgré les protestations internationales, s'est emporté Shinzo Abe, porte-parole du gouvernement japonais. Nous prendrons des mesures sévères " : première cible potentielle des missiles nord-coréens, le Japon a été le premier pays à réagir vivement. Le passage d'un missile au-dessus du territoire japonais en 1998 est en effet encore incrusté dans les mémoires. Depuis, le pays a adopté de nombreuses lois pour lui permettre de sanctionner son voisin. Il peut notamment bloquer les flux financiers des résidents coréens pro-Pyongyang installés au Japon, l'une des principales sources de revenus du régime de Kim Jong-il. Et il a d'ores et déjà proscrit pour six mois l'accès à ses ports à un ferry nord-coréen, principal lien commercial officiel entre les deux pays.Bush "pas surpris". Côté américain, l'idée d'une opération militaire était écartée d'emblée. " Le président n'était pas surpris car nous avons vu cela venir depuis un moment, a assuré Stephen Hardley, conseiller chargé de la sécurité nationale auprès du président Bush. Il pense seulement, d'après moi, que cela confirme la défiance qu'a la Corée du Nord vis-à-vis de la communauté internationale. [...] Vous allez voir d'importantes activités diplomatiques durant les vingt-quatre ou quarante-huit prochaines heures. "L'objectif des États-Unis est de parvenir à isoler encore un peu plus la Corée du Nord, principalement vis-à-vis de la Chine, la Corée du Sud et la Russie, ses principaux soutiens politiques et économiques. Sans leur aide, les actions de Washington et de ses alliés resteront sans effet.Visiblement, l'ire nippone et américaine met du temps à se propager. La Corée du Sud et la Chine n'ont pas encore commenté l'événement, tandis que le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères s'est borné à dire que " les lancements de missiles ne contribueront clairement pas à renforcer les mesures de construction de la confiance dans la région ".La situation devrait pourtant rapidement évoluer : le ministre des Affaires étrangères australien laissait entendre après une rencontre avec l'ambassadeur nord-coréen " qu'ils [les Nord-Coréens] entendent probablement lancer plus de missiles dans les deux prochains jours ". Une hypothèse que la seule déclaration nord-coréenne (" le lancement de missiles est une question qui fait entièrement partie de notre souveraineté. Personne n'a le doit de la discuter ") ne saurait écarter.

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