La présidentielle américaine sera placée sous le signe de l'économie

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It's the economy, stupid ! " En 2008, l'Histoire risque de se répéter pour les candidats à la présidentielle américaine qui n'auront pas pris la mesure du malaise de leurs compatriotes. Seize ans après que James Carville, alors stratège de campagne de Bill Clinton, eut créé ce génial slogan pour tourner en dérision un George Bush père qui espérait capitaliser sur ses succès de politique étrangère, les questions économiques se trouvent à nouveau au coeur des préoccupations des électeurs américains. Dans un contexte où 57 % des Américains sont persuadés que les États-Unis sont déjà entrés en récession, 29 % des électeurs estiment que la situation économique constituera l'enjeu majeur du scrutin de novembre, selon un sondage CNN/Opinion Research publié le mois dernier. La même enquête révèle que seuls 23 % des sondés jugent que la guerre en Irak sera le thème central de la présidentielle.GARANTIES SOCIALESLa conjoncture - notamment marquée par la crise des subprimes, la correction immobilière, la flambée des prix de l'énergie et des dépenses de santé - place les candidats républicains sur la défensive et donne à l'inverse des arguments à leurs adversaires démocrates. Ces derniers, Hillary Clinton, Barack Obama et John Edwards en tête, défendent d'ambitieux projets qui auraient été jugés trop radicaux voilà quatre ans mais qui trouvent aujourd'hui un écho favorable auprès de l'opinion publique. L'avènement d'un système de couverture santé universelle, l'inclusion de garanties sociales dans les traités de libre-échange ou la lutte contre le réchauffement climatique sont autant de propositions qui leur valent les foudres des candidats républicains qui agitent le spectre de la " surréglementation ".Hormis le conservateur Mike Huckabee, qui propose une révolutionnaire réforme de l'impôt sur le revenu jugée simpliste et hasardeuse jusque dans son propre camp, les républicains s'en tiennent aux thèmes économiques traditionnels de leur parti que sont la baisse des impôts et la réduction des déficits. L'économie de " marché est une chose merveilleuse ", a récemment résumé l'ancien maire de New York Rudy Giuliani, pour qui il est essentiel de " maintenir les impôts à un faible niveau, de laisser la réglementation [de l'activité économique] à un niveau modéré et de garder les dépenses publiques sous contrôle ".John Edwards, qui a fait une percée dans les sondages parmi les militants démocrates à mesure qu'approchaient les premiers caucus organisés hier dans l'Iowa, a pour sa part choisi de s'ériger en héraut des classes moyennes. Dans un point de vue publié mercredi dans le Wall Street Journal, l'ancien colistier de John Kerry en 2004 a dénoncé un système dans lequel " les succès de [notre] économie ne sont désormais plus partagés ". Selon l'ancien sénateur de Caroline du Nord, " 40 % de la croissance économique des vingt dernières années a profité à 1 % des familles américaines les plus aisées ". Pour fustiger les inégalités, Edwards met en avant le fait que la rémunération des directeurs généraux des entreprises américaines représente actuellement 400 fois le salaire moyen aux États-Unis.Sauf à ce qu'au détriment de l'économie, l'actualité internationale ou la lutte contre le terrorisme ne deviennent les thèmes majeurs sur lesquels les républicains espéreront capitaliser, les candidats démocrates garderont en théorie un avantage sur le principal enjeu de l'élection du 4 novembre. Un tel avantage ne garantit pas toutefois qu'une fois placés devant les urnes, les Américains choisiront d'élire une femme, un Noir ou un candidat ouvertement de gauche.

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