Du carburant pour les fonds souverains

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Que demander de plus ?" On s'en doute, pour cet officiel libyen, le fait que le baril de pétrole flirte avec les 100 dollars est loin d'être une mauvaise nouvelle. Il faut dire qu'au-delà de leurs promesses d'assurer la continuité de l'approvisionnement mondial, les pays émergents et producteurs de pétrole se frottent les mains. Avec des budgets calculés sur des bases très prudentes (40 dollars le baril en moyenne pour les pays du Golfe), ces derniers savent que 2008 pourrait bien leur offrir des excédents plus élevés que ceux, déjà record, de 2007 (250 milliards de dollars d'excédent budgétaire pour les pays membres de l'Opep).Dans de nombreux cas, cette manne va alimenter des caisses de stabilisation (Algérie, Russie), financer des programmes d'infrastructures ambitieux (Libye, Émirats arabes unis, Algérie, Angola...) et, plus important encore, se déverser dans les caisses des fonds souverains dont l'encours - uniquement pour les pays pétroliers - se monte aujourd'hui à près de 1.100 milliards de dollars, ce chiffre pouvant atteindre 1.200 milliards à la fin de l'année (sur un total de 1.500 milliards de dollars). Aujourd'hui, à la nette exception de l'Algérie et du Venezuela, tous les grands producteurs de pétrole possèdent un fonds destiné à préparer " l'après-pétrole " en investissant partout dans la planète, notamment en Occident et en Asie." 2008 sera l'année des fonds souverains arabes. Il ne se passera pas une semaine sans que l'on évoque une opération d'investissement menée par eux. Les marchés financiers vont devoir s'y habituer ", prédit à ce sujet Edwin Truman, du Peterson Institute à Washington, auteur d'une étude sur le sujet.De l'avis de cet expert, la capacité d'investissement de ces fonds souverains est la conséquence majeure de la flambée du brut, et cela bien plus que l'impact possible sur la croissance mondiale. Pour autant, cette manne n'a pas que des avantages. D'abord, la montée en puissance des fonds souverains provoque des réactions protectionnistes dans les pays industrialisés, et le sujet risque d'être une pomme de discorde entre les pays pétroliers et les Occidentaux.TENTATIVES DE DESTABILISATIONEnsuite, certains producteurs - notamment en Afrique et en Amérique latine - vont, fort de leur aisance financière, reporter aux calendes grecques de nécessaires réformes. C'est le cas du Mexique, du Venezuela mais aussi de l'Algérie qui n'en finit pas d'abandonner son socialisme. Enfin, qui dit pétrole cher dit convoitises. Plusieurs pays africains pétroliers vivent dans l'instabilité (Congo, Nigeria) ou font face à de véritables tentatives de déstabilisation (Mauritanie, Guinée équatoriale).

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