Francis Perrin : " Les facteurs de hausse sont nombreux "

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Les pronostics des grandes banques vont de 80 à 105, pour le prix moyen du baril en 2008. Quel est le vôtre ?Il paraît clair que le prix du pétrole est destiné à rester élevé en 2008 et probablement plus élevé qu'en 2007. Les prix pourraient aussi être volatils. Y compris à la baisse.Quels seraient les facteurs de baisse ?Les opérateurs pourraient prendre leurs bénéfices, comme ils le font souvent en cas de franchissement de seuil. Le seuil de 100 dollars est particulièrement symbolique. En outre, la demande mondiale de brut, de la part de l'Europe et de l'Amérique du Nord, devrait baisser à la fin de l'hiver. Enfin, alors que les États-Unis représentent à eux seuls un quart de la demande mondiale, la perspective d'un ralentissement économique américain pèserait aussi sur la demande.Quels seraient les facteurs de hausse ?Ce sont les événements géopolitiques de la toute fin d'année 2007 et du début de 2008 qui ont conduit le baril à 100 dollars. Cela va des troubles dans un pays producteur comme le Nigeria à des violences ailleurs, comme en Algérie, sans oublier le Pakistan. Or ces problèmes, qui ne sont pas forcément nouveaux, ne seront pas réglés en 2008, de même que l'impact de l'assassinat de Benazir Bhutto pourrait continuer de se faire sentir dans les mois qui viennent.Et au-delà de la géopolitique ?Il ne faut pas négliger un autre élément de hausse, qui serait un déséquilibre entre l'offre et la demande - et la perception qu'a le marché d'un tel risque. Je parle des capacités à produire non utilisées, concentrées essentiellement en Arabie Saoudite. Il s'agit de 2 millions de barils/jour (même si certains vont jusqu'à 3). Sur une demande globale de 85 à 86 millions de barils/jour, l'élasticité est donc infime.On parle aussi de l'effet dollar...On constate effectivement depuis quelque temps un lien fort entre dollar et pétrole, les professionnels sur les marchés achetant des contrats à terme sur pétrole pour se couvrir contre le dollar faible. Or, selon le FMI, le dollar n'aurait pas forcément atteint son plancher. Autant dire que les éléments à la hausse sont plus nombreux qu'à la baisse.

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