Le continent victime d'une captation généralisée de ses ressources

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Riche en ressources naturelles, le continent africain bénéficie de l'envolée des cours des matières premières. Les caisses de certains États ne se remplissent pas forcément d'autant, comme en témoignent plusieurs exemples en Guinée, en Zambie ou en Tanzanie.En Guinée, Conakry, la compagnie des bauxites de Kindia (CBK) contrôlée par le géant russe de l'aluminium, Rusal, a obtenu des conditions d'exploitation exceptionnelles. Un rapport parlementaire publié l'an dernier demande au gouvernement de " renégocier à la hausse " les termes du contrat. En effet, CBK verse à la République de Guinée 1 dollar par tonne de bauxite produite, alors qu'elle se négocie autour de 25 dollars !La Zambie s'apprête à modifier en profondeur sa fiscalité minière. En 2007, l'État n'a encaissé que 147 millions de dollars pour 4,7 milliards de dollars d'exportations de cuivre et de cobalt. En cause, les contrats léonins passés au début du siècle. Les royalties versées par Konkola Copper Mines (KCM), la principale mine du pays contrôlée par la britannique Vedanta Ressources, s'élèvent à 0,6 % seulement, selon un rapport de l'organisation humanitaire Christian Aid. Un chiffre d'autant plus ridicule que la société est exemptée de taxe sur les bénéfices.DOUBLE DISCOURS DES PAYS RICHESEn Tanzanie, un rapport de l'ONG Traffic sur la filière bois a révélé que la Chine importait dix fois plus de bois de ce pays d'Afrique de l'est que ne le font apparaître les statistiques tanzaniennes." La priorité n'est pas d'augmenter les ressources, mais d'organiser leur utilisation, qu'elles proviennent d'aides ou d'autres richesses ", plaide le président du Conseil français des investisseurs en Afrique (Cian), Gérard Pélisson. Et d'améliorer leur collecte. Le Cian soutient d'ailleurs la publication des contrats miniers afin d'éviter les abus.Rien ne sert d'aider les pays pauvres si l'on ne les aide pas dans le même temps à lever l'impôt sur leurs propres ressources. La semaine dernière, le ministre de l'Économie sud-africain, Trevor Manuel, a dénoncé, à l'occasion d'une conférence de l'OCDE sur la fiscalité à Cape Town, le double discours des pays riches. " Il est contradictoire de soutenir une hausse de l'aide publique et de fermer dans le même temps les yeux devant les pratiques des multinationales et d'autres visant à réduire l'assiette fiscale des pays en développement. "

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