Un axe antinucléaire Berlin-Madrid

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C'est à Majorque que se sont retrouvés, hier, la chancelière allemande, Angela Merkel, et le Premier ministre espagnol, José Luis Zapatero. L'ordre du jour n'a toutefois guère laissé de place à la détente : énergie, climat, ainsi que d'autres dossiers européens sensibles comme le désordre financier international qui rend nécessaire plus de " transparence et de régulation ", a déclaré hier soir le Premier ministre espagnol.Madrid comme Berlin ont également réaffirmé leur engagement " dans la lutte contre le changement climatique et pour les énergies renouvelables ". Pourtant, ces dernières semaines, les deux pays ont exprimé leurs inquiétudes quant au coût pour les entreprises du récent plan " climat " de la Commission européenne (réduction des émissions des gaz à effet de serre d'au moins 20 %, part des énergies renouvelables portée à 20 % d'ici à 2020...). Des inquiétudes qui pèseront lourdement lors de l'examen du plan par le Conseil des ministres et le Parlement européen. Madrid et Berlin ne sont pas les seules capitales à avoir émis des réserves. La Belgique et la France et plus encore la Finlande s'en sont inquiétées. Mais, à la différence de ces pays, l'Allemagne et l'Espagne persistent à refuser le nucléaire pour satisfaire leurs besoins énergétiques futurs. Non seulement en raison des craintes suscitées par le danger potentiel de ces technologies, mais aussi parce qu'elle n'apporte qu'une réponse très partielle à l'envolée des besoins énergétiques et à la lutte contre les gaz à effet de serre (GES).ISOLEMENTCe front du refus risque d'être bien isolé lorsque s'engageront les débats sur les efforts que devront fournir les différents États membres pour atteindre les objectifs du plan face aux adeptes de l'atome. Ceux-ci, France en tête, rêvent que soient pris en compte les résultats qu'ils ont déjà obtenus grâce à l'électricité d'origine nucléaire pour alléger la part des efforts qu'ils devront accomplir.En Europe, les manifestations d'intérêt pour la construction de nouveaux réacteurs se multiplient au nom de la sécurité de l'approvisionnement énergétique, de la lutte contre les GES et du cours du baril de pétrole. Outre la Finlande, la Grande-Bretagne y songe ouvertement tandis que l'Italie, sans relancer cette option, n'a pas relâché ses efforts de recherche. À l'Est, la Lituanie négocie une nouvelle centrale et la Bulgarie a soumis un projet à la Commission, préfigurant une vague nucléaire en Slovaquie, Slovénie, Hongrie...En Espagne, dans l'optique des élections législatives du 9 mars, le programme socialiste reprend la position du gouvernement sur le nucléaire. Mais, à droite, le Parti du peuple de Mariano Rajoy, qui a reçu le soutien de Merkel, reste silencieux.

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