Le Liechtenstein, un État voyou au coeur de l'Union européenne

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Coincée entre la Suisse et l'Autriche, la principauté de Liechtenstein est si étroite que l'automobiliste venant de la Fédération helvète à toutes les chances se retrouver au poste frontière autrichien de Feldkirch sans avoir remarqué qu'il avait traversé Vaduz, la capitale. Ce petit bourg sans attrait de 35.000 habitants compte pourtant parmi les pays les plus riches au monde avec un PIB par tête de 70.000 euros. Une richesse bâtie sur l'industrie financière et pour partie sur l'évasion fiscale.Le Liechtenstein est avec Monaco et Andorre l'un des trois pays a encore figurer sur la liste noire de l'OCDE des " paradis fiscaux non coopératifs ", autrement dit des États n'ayant pris aucun engagement en matière de " transparence et d'échange effectif de renseignement ". Le pays abrite dix-sept banques et onze compagnies d'assurances qui gèrent environ 160 milliards de francs suisses. Vaduz est également l'une des capitales mondiales des sociétés boites aux lettres, ces entités virtuelles qui sont les véhicules de l'argent off shore. Pas moins de 74.000 multinationales y sont implantées.Le scandale fiscal qui éclabousse aujourd'hui la principauté est évidemment désagréable mais les autorités n'en attendent " pas de dommage sur le long terme ". Les nombreux scandales qui ont éclaboussé le pays n'ont jusqu'ici guère affecté sa prospérité. À la fin des années 1990, le Spiegel publiait ainsi une note des services de renseignement allemands (BND) dénonçant une " communauté du blanchiment " liée aux cartels de la drogue sud-américains et à la mafia russe. En 2002, la publication d'un autre CD-ROM avait mis en évidence le rôle de la place financière en matière d'évasion fiscale.EXEMPLE CARICATURAL" Il ne faut pas oublier que le pain quotidien des paradis fiscaux n'est pas le blanchiment mais bien l'évasion fiscale ", rappelle Sylvain Besson, auteur d'une enquête remarquable sur le sujet (l'Argent secret des paradis fiscaux, Seuil). Comme le souligne Grégoire Duhamel dans son très sérieux guide sur les paradis fiscaux (Édition Grancher), la Liechtensteinische Landesbank, tout comme la Liechtenstein Global Trust (LGT) aujourd'hui mise en cause, " est contrôlée par la famille princière, ce qui rassurera les investisseurs quant à la philosophie qui anime les gouvernants de ce petit pays ".Le Liechtenstein n'a rien d'un cas isolé. C'est tout simplement l'exemple caricatural d'un paradis fiscal non coopératif recourant massivement aux fondations. Ces structures - rarement caritatives - garantissent une totale confidentialité à leurs bénéficiaires fortunés qui y cachent ainsi une part de leur patrimoine. Les services secrets allemands ont dû verser près de 5 millions d'euros pour obtenir la liste des clients allemands de LGT.La principauté, qui refuse de communiquer le nom des titulaires de comptes aux différentes autorités fiscales européennes, s'est engagé à taxer à la source les revenus de l'épargne des non-résidents. Mais seuls sont visés les comptes détenus par des particuliers. Les sociétés ou les fondations ne sont pas concernées.

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