Clinton et Obama durcissent leur discours à l'égard des entreprises

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Pour distinguer leurs programmes économiques respectifs, Hillary Clinton et Barack Obama radicalisent leur discours. Les candidats à l'investiture démocrate, qui s'affrontaient hier dans le Wisconsin et à Hawaï, viennent tous deux de formuler par écrit des propositions visant à soutenir la middle class américaine, fragilisée par la crise du subprime.À l'approche des cruciales primaires de l'Ohio et du Texas du 4 mars, Clinton et Obama espèrent recevoir le soutien de John Edwards qui s'est retiré de la course après avoir marqué des points auprès des cols bleus. Pour s'attirer les faveurs de ses électeurs, Hillary Clinton tire à boulets rouges sur le bilan économique de George W. Bush mais prend aussi ses distances avec l'héritage de son mari, l'ancien président Bill Clinton, apprécié des milieux d'affaires et défenseur résolu du libre-échange." Au cours des sept dernières années, les grandes entreprises et les intérêts privés ont obtenu carte blanche pour réaliser des profits, souvent au détriment du travailleur américain ", affirme la sénatrice de New York, dans le programme qu'elle a publié lundi. La candidate y durcit un peu plus le ton vis-à-vis des grandes entreprises américaines. Plusieurs secteurs sont particulièrement visés. Hillary Clinton entend abolir les allégements fiscaux dont bénéficient les compagnies pétrolières, pour investir 50 milliards de dollars dans les énergies alternatives. La candidate veut aussi limiter la hausse des taux d'intérêt appliqués par les entreprises proposant des cartes de crédit.Par ailleurs, Hillary Clinton a l'intention de réformer le Code fiscal et d'augmenter l'impôt sur les plus-values (15 % actuellement), dont bénéficient hedge funds et sociétés de capital-investissement.La semaine dernière, Barack Obama a publié un nouveau plan économique. Y figurent la création d'une banque chargée de financer les infrastructures, dotée de 60 milliards de dollars grâce aux fonds dégagés par le désengagement américain d'Irak pour lequel il milite, et un projet à 150 milliards de dollars sur dix ans pour les énergies alternatives.Les programmes d'Obama et Clinton ont plus de points communs que de différences. Tous deux veulent priver les ménages les plus aisés des baisses d'impôts votées par le Congrès en 2001 et 2003, développer le système de santé public et secourir les ménages dont le logement est menacé de saisie. Les deux candidats sont aussi partisans d'une révision des traités de libre-échange déjà signés par les États-Unis et entendent intégrer des critères sociaux et environnementaux plus contraignants dans ceux en cours de négociation.UNE SURENCHERE MALSAINEÀ défaut de proposer des projets radicalement différents, les deux candidats se taxent d'incompétence et de plagiat. Hillary Clinton, qui met en avance son " expérience ", assure qu'elle propose des " solutions " à ses compatriotes quand son jeune rival se contente de formuler des " promesses ". Barack Obama, qui promet une loi pour lutter contre les délocalisations, a pour sa part critiqué l'administration Clinton pour avoir négocié l'accord de libre-échange (Alena) liant États-Unis, Canada et Mexique. Leur surenchère inquiète les médias proches des milieux démocrates, le New York Times n'hésitant pas à taxer leur discours de " populiste ".

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