La pression monte contre les paradis fiscaux en Europe et aux États-Unis

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L'ampleur de l'évasion fiscale vers le Liechtenstein mise au jour par la justice allemande et l'intransigeance de la principauté pourraient bien être la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Le chef du gouvernement du Liechtenstein, Otmar Hasler, a hier fait fi des exigences d'Angela Merkel en assurant que son pays ne communiquera pas à l'Allemagne de données fiscales sur ses contribuables et qu'il maintiendra l'anonymat des fondations sur son sol. Il revient " aux autorités fiscales de chaque pays " de traquer elles-mêmes les contribuables qui fraudent, affirme Otmar Hasler dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Le chef de file du SPD, Kurt Beck, a accusé Vaduz de mener une politique de " voleur en gants blancs ".Si l'enquête ouverte par la justice allemande concerne des ressortissants allemands, il n'y a guère de raison pour que le CD-ROM que se sont procuré les services secrets d'outre-Rhin ne contienne­ pas aussi les noms de contribuables indélicats français, italiens ou autrichiens. Le ministère des Finances autrichien a d'ailleurs fait savoir que, s'il " reçoit la preuve que des Autrichiens sont également impliqués, nous nous pencherons sur la question ". Les grandes capitales européennes n'ont jusqu'ici pas réagi.L'Allemagne aura donc à coeur de mettre la question sur la table lors de la prochaine réunion des ministres des Finances de l'Union européenne le 4 mars prochain à Bruxelles. La chancelière Angela Merkel dit " vouloir une transparence comparable " au sein de l'Union européenne à défaut d'une " harmonisation fiscale ". Elle peut compter sur le soutien de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) qui s'efforce depuis la fin des années 1990 de s'attaquer aux pratiques fiscales dommageables. " Le blanchiment et le recours à des montages financiers complexes par les entreprises dans le but d'échapper à l'impôt [...] se sont développés au point de menacer les intérêts politiques et économiques des États souverains, écrit le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, dans le Financial Times. Il est temps pour les gouvernements des pays où de telles pratiques sont courantes de prendre leurs responsabilités pour y mettre un terme ou d'en accepter les conséquences. "Le secrétaire général de l'OCDE rappelle que, sur l'ensemble des territoires identifiés comme des paradis fiscaux, tous ont fini par s'engager sur le principe de la transparence et de l'échange d'informations. Seuls trois pays continuent de se montrer non coopératif : le Liechtenstein, Monaco et Andorre. Il n'est pas inutile de rappeler que deux sur trois sont sous " tutelle " française. Nicolas Sarkozy est en effet co-prince d'Andorre avec l'évêque d'Urgell en Espagne. Et le ministre d'État à la tête du gouvernement monégasque est désigné et doit être agréé par la France. Paris dispose donc de toutes les cartes pour forcer la main à Monaco et Andorre s'il le souhaite.OBAMA ET CLINTON S'ENGAGENTAux États-Unis, les deux candidats à l'investiture démocrate se sont engagés à réduire le pouvoir de nuisance des paradis fiscaux accusés de faire perdre 100 milliards de dollars par an au Trésor américain. Barack Obama soutient une proposition de loi visant à réduire le recours abusif aux paradis fiscaux. Hillary Clinton s'est pour sa part engagée à modifier la législation fiscale afin qu'il soit plus difficile pour les entreprises américaines de " cacher leurs profits off shore ". Le candidat républicain John McCain ne s'est pas encore prononcé sur le sujet.

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