La crise relance les projets de privatisation

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Un tabou est en passe d'être levé aux États-Unis. Alors que leurs recettes fiscales sont affectées par la crise du subprime, États et collectivités locales semblent résignés à privatiser certaines infrastructures. Des concessions d'autoroutes sont notamment à l'étude en Californie, en Virginie, dans le Vermont et l'État de New York. Depuis plusieurs années, les fonds d'investissement désespèrent de voir enfin des privatisations se réaliser à travers le pays. Aucune opération majeure n'a eu lieu depuis la privatisation des autoroutes Chicago Skyway et de l'Indiana Toll Road en 2005 et 2006, les plus importantes dans l'histoire des États-Unis. Mais la patience des investisseurs pourrait bientôt être récompensée. La ville de Chicago - dont la caisse de retraite de ses fonctionnaires est sous-approvisionnée - vient de lancer un appel d'offres pour la privatisation du Midway International Airport. Si cette concession de 25 ans finit par être accordée, il s'agira d'une première historique pour un aéroport d'envergure aux États-Unis.Parmi les investisseurs qui lorgnent les concessions et les partenariats public-privé figure le groupeCarlyle. Il a levé 1,15 milliard de dollars en quinze mois pour un fonds spécifiquement dédié à la privatisation ou à la construction d'infrastructures, ce qui lui permettra d'emprunter 2,5 milliards de dollars supplémentaires auprès de banques pour financer ses projets. Des établissements de Wall Street dont Goldman Sachs et Lehman Brotherssont prêts à répondre à des appels ainsi que des banques étrangères comme l'australienne Macquarie. Celle-ci fut chef de file pour la concession du Chicago Skyway accordée pour 1,8 milliard de dollars.LES SYNDICATS S'OPPOSENT AUX PRIVATISATIONSL'intervention d'acteurs privés dans le financement ou le rachat de structures publiques suscite l'ire des syndicats mais aussi de politiciens qui craignent que des intérêts étrangers finissent par contrôler des infrastructures sensibles liées aux transports et à l'énergie. Mais comme l'a rappelé l'effondrement d'un pont dans le Minnesota en août dernier, les besoins du pays sont considérables. Selon l'Agence américaine d'ingénierie civile (ASCE), " 1.600 milliards de dollars seront nécessaires au cours des cinq prochaines années pour rétablir les infrastructures " vieillissantes à travers les États-Unis. Un effort qu'États et collectivités locales semblent incapables de fournir seuls dans le contexte économique actuel.

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