Les groupes français déboulent enfin sur le marché russe

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Qu'ont en commun Renault, Société Générale, Peugeot, GDF, Auchan et Total ? Tous ont annoncé ces dernières semaines de très grands projets en Russie. La présence française dans l'empire poutinien vient de connaître une soudaine embellie, après des années de tâtonnements prudents et de revers. " Ces timorés français ", titrait fin 2006 un hebdomadaire économique russe consacrant un dossier sur les investissements français.Le tournant s'est paradoxalement produit après l'élection de Nicolas Sarkozy, pourtant vilipendé par la presse russe comme un " proaméricain " rompant avec l'" ami " Jacques Chirac. Voilà que Total se voit invité par Gazprom à hauteur de 25 % dans le très convoité gisement gazier géant de Chtokman, après des années de vaches maigres en Russie. Le projecteur passe ensuite sur le bouillonnant secteur automobile russe, en croissance de 30 % en moyenne. Renault est choisi par le constructeur AvtoVAZ pour être son partenaire stratégique avec, à la clé, une entrée du français à hauteur de 25 %. Il est vrai que Renault n'est pas néophyte en Russie puisqu'il a déjà injecté depuis trois ans 230 millions d'euros dans une usine d'assemblage de Logan, à Moscou. Peugeot annonce à son tour la construction d'une usine d'assemblage non loin de Moscou. " Il y aura très certainement des équipementiers français qui viendront s'installer dans la foulée. Ceux-là même qui sous-traitent déjà pour Renault et PSA ", indique une source à l'ambassade de France. Autre vaste projet industriel, le nouvel avion régional SuperJet de Soukhoï " dans lequel les industriels français contribuent à hauteur de deux tiers du projet ", dixit l'ambassadeur de France à Moscou, Stanislav de Laboulaye.L'APPETIT DES BANQUES FRANCAISESDans le secteur bancaire, la Société Générale, très en pointe avec sa filiale de droit russe BSGV, a mis les bouchées doubles avec l'acquisition pour 2,3 milliards de dollars, le 13 février dernier, de 50 % de Rosbank, septième banque privée russe. BNP Paribas, qui a raté en 2004 son acquisition de Rousski Standart, leader russe du crédit à la consommation, se console en développant ce segment de manière organique sous la marque Cetelem.Le boom immobilier n'a échappé ni à Vinci ni à Bouygues, qui ont déjà remporté d'importants chantiers à Moscou (bureaux et centres commerciaux). Ils guettent désormais les colossaux investissements d'infrastructures que s'apprête à faire l'État (autoroutes et jeux Olympiques de Sotchi, en 2014). En amont, Lafarge met les bouchées doubles en achetant des usines pour augmenter sa capacité de production de ciment." Il est incontestable que l'on n'a pas encore atteint le niveau maximal de présence des entreprises françaises dans l'industrie , reconnaît toutefois une source à l'ambassade. La France se classe comme le huitième investisseur étranger en Russie. Du côté des flux commerciaux, la croissance des exportations françaises vers la Russie se situe à 20 % pour 2007, soit une augmentation plus faible que celle observée sur le marché. "

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