Paris convoite le marché sud-africain de l'énergie

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" Ça va mal finir. " Ce refrain, entonné en 1994 par une minorité de Blancs sceptiques, est désormais celui de toute une nation. Noirs comme Blancs, les Sud-Africains se mettent à douter de l'avenir, malgré de bons indicateurs économiques. La croissance se maintient, à 5,1 % en 2007, mais le rand perd de sa valeur depuis octobre 2006. Il a encore plongé, le 8 février, après le discours annuel du président Thabo Mbeki sur l'état de la nation. Le chef de l'État continue d'éluder les grandes questions : criminalité, sida, chômage, crise de l'énergie. Les coupures d'électricité, désormais hebdomadaires, sont devenues l'un des motifs d'une nouvelle vague d'émigration. Une frénésie d'investissements immobiliers a saisi Johannesburg, une capitale économique qui prépare la Coupe du monde de football, en 2010. Mais depuis que Jacob Zuma a remporté la présidence du Congrès national africain (ANC, au pouvoir), en décembre, les appartements de luxe ont du mal à trouver preneurs. Tout le monde n'est pas prêt à parier sur les capacités de Jacob Zuma, qui pourrait accéder au pouvoir en 2009, s'il sort indemne d'un second procès pour corruption.20.000 MEGAWATTS AU TOTAL D'ICI A 2025Ajoutée à cela, la crise traversée par Eskom, la société nationale d'électricité, a révélé un profond malaise. L'intérêt que manifeste l'Afrique du Sud pour augmenter sa production d'électricité, y compris en recourant à l'énergie nucléaire, n'a donc rien de surprenant. Cet intérêt n'a pas échappé à Nicolas Sarkozy, qui est accompagné de la patronne d'Areva, Anne Lauvergeon. Le spécialiste français de l'atome s'est maintenu dans la short list pour la construction de deux réacteurs de troisième génération en Afrique du Sud, face à Westinghouse. Il a réuni un consortium avec EDF, Bouygues et la société d'ingénierie sud-africaine Aveng. Areva a récemment annoncé avoir proposé au gouvernement sud-africain la construction d'une flotte de réacteurs (20.000 mégawatts au total) d'ici à 2025.

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