ÉCHANGES + La France double ses parts de marché à l'Est mais reste loin derrière la RFA

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Malgré une évolution récente favorable, les Peco (pays d'Europe centrale et orientale) restent des terres encore relativement vierges pour la France. L'Allemagne, en revanche, y est, déjà très présente. D'après une étude de l'Insee, rendue publique aujourd'hui, les échanges de produits manufacturés ont pourtant « continué à vivement progresser entre la France et les pays de l'Est (...), tout particulièrement avec la Pologne, la République tchèque, la Slovénie et la Hongrie ». C'est ainsi qu'en 1996, la France a exporté pour 40 milliards de francs de produits manufacturés vers ces pays, soit une hausse de 31 % en francs courants, après 24 % en 1995 et 19 % en 1994. Malgré cette « vive progression » des exportations, les pays de l'Est « restent un débouché modeste » pour la France, reconnaît l'institut de statistiques. Il n'est que de comparer avec les performances germaniques en la matière pour s'en persuader. En 1996, les exportations allemandes vers ces pays ont crû de 17,6 % à 243 milliards de francs et les importations de 6,5 % à 209 milliards de francs (contre 27 milliards de francs de produits manufacturés français importés de ces pays, en hausse de 13 %). L'avantage géographique. La part de marché de la France dans ces pays a doublé, passant de 2 % à 4 %, relève l'Insee qui note que « l'ouverture des pays de l'Est vers l'Occident a davantage profité à des pays géographiquement plus proches, qui avaient déjà développé des relations économiques ». C'est le cas bien sûr de l'Allemagne qui détenait un dixième du marché est-européen il y a dix ans, pour passer à plus du quart désormais. Un mouvement qui tient, selon certains bons connaisseurs de l'Allemagne, à une stratégie sur le long terme dans la perspective de la monnaie unique. Les implantations germaniques, que ce soit sous la forme de flux commerciaux ou sous celle, plus intéressante, d'investissements directs, devraient ainsi donner aux entreprises d'outre-Rhin une compétitivité difficilement égalable par les partenaires de Bonn. L'Insee souligne d'ailleurs que « les pays de l'Est sont d'autant plus attractifs que le coût de la main-d'oeuvre y est très inférieur au coût en France ou en Europe ». Ce sont les pays du quadrilatère de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie) qui intéressent le plus les entreprises allemandes, comme leurs consoeurs françaises. La Russie détrônée. Mais les échanges français se sont surtout concentrés sur la Pologne, devenue l'an dernier le premier partenaire à l'Est pour l'industrie hexagonale et détrônant ainsi la Russie. Un résultat obtenu grâce, notamment, au dynamisme des exportations automobiles, passées de 0,8 à 2,2 milliards de francs entre 1993 et 1996, conjointement à des accords de coopération industrielle et à un mouvement de délocalisation de production sur place. Alain Baron

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