Arafat fait le forcing auprès des pays donateurs

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Les Palestiniens ont rempli leur part du contrat, à vous de tenir parole. » C'est le message que va faire passer Yasser Arafat aujourd'hui à Paris, auprès des représentants de cinquante pays, qui se sont engagés à aider l'économie palestinienne. Pour convaincre, le chef de l'OLP, qui a signé hier avec Paris un protocole financier de 77,5 millions de francs, consacré essentiellement au port de Gaza, dispose de solides arguments. L'enjeu pour les deux millions d'habitants de Cisjordanie et de la bande de Gaza est énorme. En 1993, dans l'euphorie des accords d'autonomie conclus entre Israël et l'OLP, les donateurs réunis à Washington avaient annoncé une aide de 2,4 milliards de dollars sur cinq ans. Or seuls 800 millions de dollars ont été versés jusqu'à présent. Ce retard au démarrage était en grande partie dû à l'improvisation compréhensible dans laquelle s'est débattue l'Autorité palestinienne à ses débuts. « Nous sommes désormais plus mûrs et nous présenterons des projets préparés selon toutes les normes internationales afin que les pays donateurs n'aient plus qu'à choisir », assure Majdi Khalidi, directeur général du ministère de la Coopération internationale. A Paris, les Palestiniens vont donc se livrer à un tour de table avec des projets de construction de routes, d'écoles, d'adduction d'eau, de réfection du réseau électrique, de construction de logements mis au point avec des experts de la Banque mondiale et de l'Union européenne. « Nous espérons recueillir 128 millions de dollars », précise Majdi Khalidi. « Les donateurs n'ont plus aucune raison de se dérober, puisque les Palestiniens ont fait leur part du travail », affirme Tomas Dupla, diplomate espagnol et chef de la représentation de la Commission européenne dans les territoires palestiniens. Un exemple frappant : l'administration fiscale est parvenue à collecter l'an dernier 380 millions de dollars, sous forme d'impôt sur le revenu et de TVA, soit 80 % de plus que les prévisions. Conséquence : le budget de fonctionnement, qui devait être en déficit, a en fait été excédentaire d'environ 50 millions de dollars. Les fins de mois des quelque 55.000 enseignants, employés des services de santé et autres policiers ont ainsi pu être assurées. « L'Autorité palestinienne a également adopté un code des affaires pour favoriser les investissements locaux et étrangers », se félicite Tomas Dupla. Sur le front politique, le retrait de l'armée israélienne de sept villes de Cisjordanie achevé à la fin septembre ainsi que le transfert des pouvoirs aux Palestiniens s'est déroulé en temps et en heure. « Les premières élections pour le Conseil de l'autonomie, le 20 janvier, devraient également fournir une légitimité renforcée à l'Autorité palestinienne », prévoit ce responsable européen. Mais, selon lui, ce scrutin ne suffira pas à assurer la stabilité nécessaire pour attirer les investisseurs étrangers et les riches Palestiniens de la diaspora. D'autant que l'économie est en partie paralysée par le bouclage à répétition imposé par Israël sur la Cisjordanie et la bande de Gaza pour des raisons de sécurité. Pascal Lacorie, à Jérusalem

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