Pendant la crise, les affaires continuent entre Pékin et Taiwan

 |   |  461  mots
A se promener dans les rues de Taipei, on peut se demander si la démonstration de force de la Chine dans le détroit de Formose a eu un impact sur la situation économique de l'île. Tout fonctionne normalement et les Taiwanais n'hésitent pas à prendre l'avion pour visiter leurs lointains cousins du continent. Quant au commerce entre les deux blocs, il se porte de mieux en mieux, puisqu'il a totalisé 22,5 milliards de dollars l'année dernière. Réchauffement diplomatique Sur le plan politique, les relations entre Taiwan et Pékin sont sur la voie d'un léger réchauffement. Jiang Zemin, président de la Chine populaire, en voyage officiel en Espagne la semaine dernière, a invité Lee Teng-Hui, son homologue de Taiwan, à venir lui rendre visite pour cesser les hostilités entre les deux pays. La Chine populaire soutient l'idée d'une réunification pacifique avec l'île, qui conserverait son système économique, voire son système politique. En tout état de cause, Pékin ne veut pas entendre parler d'indépendance. De son côté, le gouvernement de Taiwan étudie la construction d'une zone économique spéciale, qui autoriserait des services de transport et commerciaux directs avec la Chine. Elle prendrait la forme d'une zone franche où les entreprises des deux pays pourraient échanger des biens, des services et des capitaux. Ces prestations sont jusqu'à présent fournies par Hong Kong, et les hommes d'affaires de Taiwan jugent que ce crochet imposé est une source d'inefficacité. Les entreprises de Taiwan n'ont pas attendu un rapprochement pour prendre pied en Chine, puisque trente mille d'entre elles y ont investi 147 milliards de francs. Elles sont attirées par la libéralisation économique et par la crainte de voir des entreprises chinoises devenir plus compétitives qu'elles. Récemment, les projets d'investissement se sont faits plus importants. Le transporteur maritime Evergreen Marine Corp. a investi 50 millions de dollars dans des infrastructures portuaires à Shanghai, Qingdao et Tianjin. President Enterprise, spécialiste des produits alimentaires, a prévu 234 millions de dollars d'investissement dans dix-sept projets. Mardi, la Commission des investissements de Taiwan a approuvé huit projets de 56,8 millions de dollars. Nan Ya Plastics Corp., filiale du géant pétrochimique Formosa Plastics Group, va bâtir une usine de faux cuir de 14 millions de dollars. Yuan Ding Investment Ltd., filiale du géant textile Far Eastern Textile Ltd., devrait construire une usine de fibre synthétique de 30 millions de dollars. L'idée d'une ouverture économique plus prononcée profite également à Taiwan. Le transporteur United Parcel Services (UPS) développe une zone aéroportuaire de 400 millions de dollars. Elle devrait profiter de vols directs avec la Chine dès qu'ils seront autorisés. Pascal Boulard, envoyé spécial à Taipei

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :