Les primaires, nouvelle pomme de discorde au Parti socialiste

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Il est urgent d'attendre. Mardi, Martine Aubry a fermement demandé à Arnaud Montebourg de remiser son rapport sur l'organisation de primaires ouvertes pour la désignation du candidat socialiste à l'élection présidentielle de 2012. La première secrétaire du PS veut se concentrer sur la crise et les européennes de juin, qu'elle voit comme une première étape sur le chemin de sa propre présidentialisation. Le secrétaire à la rénovation était pourtant rentré d'un voyage aux États-Unis, enthousiaste à l'idée d'ouvrir grandes les portes et les fenêtres du PS. Jusqu'à mobiliser 4 millions d'électeurs, au lieu des quelque 220.000 participants de la primaire de 2006. Un sondage publié cette semaine dans « Libération » a dynamité toute perspective de réflexion sereine sur le sujet. Pour 25 % des sympathisants de gauche, de telles primaires devraient déboucher sur la désignation de Ségolène Royal, devant Dominique Strauss- Kahn et Martine Aubry, à égalité avec 19 %. Dans une interview à « La Charente libre », l'ex-candidate de 2007 enfonce le clou en disant sa « conviction que des primaires ouvertes qui désigneraient le candidat unique de la gauche à la présidentielle régleraient pas mal de problèmes ».« ambiguïté générale »Dans ce climat de guerre froide, Martine Aubry a prudemment renvoyé le débat à la convention sur la rénovation du PS à l'automne. Dans l'intervalle, un groupe de travail rassemblant les différents courants du parti se réunira chaque semaine.S'il juge ce débat « totalement décal頻 dans la crise, l'ancien patron du PS, François Hollande dénonce surtout « l'ambiguïté générale » sur la question des primaires. « Personne ne sait qui a avantage à un système plus large », affirme le député de Corrèze, membre du club des présidentiables du PS. Pour lui, il est « impossible d'en rester au modèle » strictement militant qui a prévalu pour l'élection contestée de Martine Aubry au poste de premier secrétaire, avec accusations de fraudes en tous genres dans les fédérations. François Hollande préconise un système « qui ne ferait pas disparaître le PS », avec le « recensement », entre l'été 2010 et l'été 2011, d'un collège élargi de 700.000 à 800.000 électeurs appelés à désigner le candidat socialiste après versement d'une cotisation de 5 à 10 euros et la remise d'une « carte d'électeur ». D'autres leaders socialistes semblent plus réservés, à l'image de Bertrand Delanoë, qui a souligné que ce sujet ne le « réveille pas la nuit ». « Ce qui compte, c'est le projet. C'est le projet qui fera notre crédibilité en 2012 et il ne faudrait pas que les primaires [?] nous détournent de cette priorit頻, a dit le maire de Paris, qui n'a pas abandonné toute prétention présidentielle, malgré son échec à Reims. Le jospiniste Daniel Vaillant est plus expéditif encore : « La primaire, c'est la mort du parti. Si on pense que 3 millions de gens sont plus intelligents que 300.000 militants, on se trompe. »

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