Le sommet prône les initiatives individuelles

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L'unité de façade affichée par l'Allemagne, la France, l'Italie et le Royaume-Uni (G4), lors du mini-sommet qui s'est tenu samedi à l'Élysée pour définir une réponse commune à la crise, n'aura tenu qu'une journée. Le gouvernement allemand a indiqué hier soir qu'il garantissait tous les dépôts bancaires des particuliers. Cette annonce vise à éviter un mouvement de panique alors que le gouvernement travaillait encore hier soir pour sauver de la faillite la banque Hypo Real Estate. Mais elle ne manque pas de piquant lorsqu'on sait qu'Angela Merkel expliquait encore la veille qu'elle n'était "pas satisfaite" de la décision unilatérale de l'Irlande d'offrir une garantie d'État sur l'ensemble des dépôts bancaires, garantie qui a provoqué un début de fuite des capitaux vers ce nouveau havre de sécurité. ASSURER LA SOLIDITÉ ET LA STABILITÉ Le G4 de samedi a permis d'afficher une unité sur quelques grands principes mais certainement pas de définir les lignes d'un plan d'action européen à l'image du plan Paulson promulgué vendredi par la Maison-Blanche. L'idée, un temps défendue par Paris, d'un fonds de garantie sur lequel pourraient tirer les banques en cas de difficultés, a été définitivement enterrée. Chaque pays doit "prendre ses responsabilités au niveau national" mais sans porter atteinte aux intérêts des autres États européens, a martelé samedi Angela Merkel. Une vision à laquelle Paris semble désormais pleinement adhérer. La crise bancaire "n'est pas un sujet de l'Union européenne, c'est un sujet national qui doit être coordonné", a expliqué hier soir le ministre du Budget, Éric Woerth, sur France 5 au cours de l'émission "Ripostes". Les Européens se sont engagés samedi à prendre "toutes les mesures nécessaires" pour assurer "la solidité et la stabilité" du système bancaire. "Chaque gouvernement agira selon une méthode et avec desmoyens qui lui sont propres mais de manière coordonnée avec les autres États européens", a résumé Nicolas Sarkozy. Une approche qui ne semble pas satisfaire tout le monde, notamment ceux qui n'ont pas été conviés à l'Élysée. La solution à la crise doit être "européenne" et non pas "nationale", estime le ministre espagnol de l'Économie, Pedro Solbes. Un point de vue qu'il va pouvoir défendre aujourd'hui dans le cadre de la réunion à Luxembourg des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe). Les Quatre se sont toutefois accordés sur une lecture plus souple du pacte de stabilité et de croissance dont l'application "doit refléter les circonstances exceptionnelles que nous traversons". Certains pays, comme la France, pourraient y voir le moyen de laisser filer leurs déficits publics au-delà du seuil de 3 % du PIB comme le réclame Henri Guaino, l'un des proches conseillers de Nicolas Sarkozy. La question d'une autorité unique de régulation du secteur financier européen n'a guère avancé. Le G4 se contente en effet d'appeler à la création immédiate d'un "collège de superviseurs" pour surveiller les institutions financières transfrontalières. Les dirigeants européens ont réclamé la convocation d'un sommet international avant la mi-décembre en vue d'"une réforme réelle et complète" du système financier mondial qui devrait être fondé "sur les principes de transparence, de solidité bancaire, de responsabilité, d'intégrité et de gouvernance mondiale".Berlin annonce officiellement une garantie d'État illimitée à tous les dépôts privésPrécisant des propos du ministre fédéral des Finances Peer Steinbrück, un de ses porte-parole a affirmé hier que le gouvernement " accordait une garantie d'État pour tous les dépôts privés " en Allemagne. Cette garantie illimitée s'applique dès à présent. Jusqu'ici, l'épargne des clients de banques privées était garantie, pour chaque client, jusqu'à un montant représentant un tiers des fonds propres des banques. Désormais, la garantie sera donc complète. Berlin souhaite " donner une nouvelle qualité " à ces dépôts. Il s'agit d'empêcher que l'affaire Hypo Real Estate (lire page 4) ne se mue en panique au guichet des banques. Mais cette mesure pourrait être un coup rude pour les banques européennes. Alors que la garantie irlandaise a attiré massivement les capitaux, en affaiblissant les banques britanniques notamment, la décision de Berlin pourrait étendre le phénomène. Une éventualité que récusaient hier de concert l'Elysée et Matignon, considérant que la décision allemande faisait uniquement écho aux engagements pris par Sarkozy à Toulon envers les déposants des banques françaises.Deux plans pour une même criseLe plan Paulson- Le Trésor va racheter jusqu'à 700 milliards de dollars d'actifs toxiques aux banques.- Le plan adopté s'accompagne de 150 milliards de dollars de crédits d'impôts supplémentaires.- La garantie d'État sur les dépôts bancaires est portée à 250.000 dollars.- Prise de participation possible de l'État dans les institutions financières bénéficiant du plan.Le plan européen- Les États membres de l'UE s'engagent à prendre " toutes les mesures nécessaires " pour stabiliser le système bancaire et financier.- Le respect du pacte de stabilité et de croissance, notamment en termes de déficits publics, doit tenir compte des circonstances exceptionnelles actuelles.- Coordination des règles européennes sur la sécurité des dépôts bancaires.

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