Le plan Paulson, chevalier blanc tardif d'une économie américaine fébrile

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Wall Street n'a pas applaudi la promulgation de la " loi de stabilisation économique d'urgence 2008 ". Au terme d'une semaine sous haute tension au cours de laquelle la Chambre des représentants a d'abord rejeté le plan de rachat de 700 milliards de dollars de créances risquées concocté par le Trésor, puis en a adopté une version édulcorée par le Sénat, l'indice Dow Jones a lâché 1,5 % vendredi.Car après l'euphorie initiale provoquée par l'annonce de la plus vaste opération de soutien aux marchés financiers de l'histoire des États-Unis, opérateurs et économistes craignent qu'elle n'intervienne trop tard pour dynamiser une économie multipliant les signes de récession. Jan Hatzius, chef économiste de Goldman Sachs, estime que l'assèchement du crédit aux États-Unis poussera le taux du chômage à 8 % à la fin 2009.La finalité de ce plan n'est pas de secourir Wall Street mais de fluidifier un marché du crédit également figé pour les entreprises et les particuliers, a insisté le secrétaire au Trésor, Henry Paulson. Il permettra de racheter des créances surtout hypothécaires, mais aussi des obligations adossées à des crédits automobiles et étudiants, en commençant par une tranche de 250 milliards de dollars.DETTE SUPERIEURE A 70 % DU PIBCe week-end, le Trésor a planché sur les modalités du programme de rachat. Le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, a déjà prévenu que, pour s'assurer de son succès, le Trésor proposera vraisemblablement un prix supérieur à la valeur actuelle de marché de ces créances, sans toutefois se montrer trop généreux pour en minimiser le coût. Henry Paulson songe aussi à employer un système " d'enchères inversées " au cours desquelles les banques rivaliseront pour céder des créances en échange desquelles l'État pourra recevoir des warrants, et donc une potentielle part de leur capital.Outre une supervision par la Fed et le régulateur boursier (SEC), le programme sera placé sous la surveillance du Congrès auquel le Trésor remettra un rapport pour chaque tranche de 50 milliards de dollars dépensée.Pour gérer le programme, Henry Paulson va embaucher une vingtaine de gérants d'actifs, d'avocats et de comptables issus du privé. D'après l'agence Bloomberg, BlackRock,Pimco et Legg Mason sont sur les rangs pour organiser les premières opérations de rachat qui pourraient débuter dans un mois. L'équipe " ne devrait pas être complète et opérationnelle avant quatre à six semaines tandis que les opérations de rachat ne devraient pas démarrer avant la mi-novembre ", avertit Brian Bethune, chef économiste de Global Insight.L'agence de notation Fitch a prévenu qu'avec ce plan la dette des États-Unis " sera supérieure à 70 % du produit intérieur brut du pays pour la première fois depuis les années 1950 ". Le gouvernement fédéral risque pourtant d'être à nouveau sollicité. L'État de Californie, ébranlé par la crise du subprime, vient de l'avertir qu'il pourrait lui réclamer une aide d'urgence de 7 milliards de dollars.Menace de récession aux États-UnisLes États-Unis ont détruit 159.000 emplois en septembre, faisant craindre que la première économie mondiale n'ait déjà basculé dans la récession. Le pays n'avait plus perdu autant d'emplois en un mois depuis mars 2003. Cette dégradation brutale du marché du travail touche tous les secteurs à l'exception des mines, de l'éducation et de la santé. Le taux de chômage s'est maintenu à 6,1 %. L'impact de l'ouragan Ike et la grève des mécaniciens de Boeing laissent penser que la situation va continuer de se dégrader en octobre.

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