Les services aux collectivités n'ont plus la cote

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C'était un secteur qui résistait plutôt bien. Jusqu'à fin août, en tout cas : pour les utilities, c'était 3 points de mieux que le DJ Euro Stoxx, les énergéticiens bénéficiant de leur statut défensif et de leur sensibilité au pétrole. Depuis, la tendance s'est inversée. Le secteur perd près de 13 % quand l'indice général recule de 10,5 %. Les perspectives semblent de mauvais augure.Pour les énergéticiens, l'environnement devrait encore se dégrader. " Les acteurs continueront de subir une hausse de leurs coûts d'approvisionnement, conséquence de la forte inflation au premier semestre des prix des combustibles fossiles sur les marchés internationaux. À cela s'ajoute la revalorisation du prix du quota d'émission de CO2 (autour de 25 € par tonne), qui entraîne un renchérissement du coût de production de l'électricité, notamment pour les acteurs ayant déployé un mix majoritairement thermique. Or, faute de répercussion complète auprès des clients (ingérence des gouvernements et/ou des régulateurs), cette progression de leur structure de coûts devrait toujours entraver leur rentabilité ", expliquent les analystes de Natixis. En parallèle, les énergéticiens vont amorcer une période de relance massive de leurs investissements industriels, nécessaires pour répondre aux besoins de remplacement et d'augmentation des capacités. Ce qui devrait réduire leur retour sur investissement. " Enfin, les rachats d'action qui permettaient de soutenir les valorisations ne devraient pas être reconduits ", ajoute Natixis.PLUS DE 10 MILLIARDS DE DETTE ENU EUROPEPour les groupes d'environnement (comme Veolia ou Suez Environnement), le contexte reste porteur avec une réglementation très favorable dans le traitement des déchets. Toutefois, les investisseurs, échaudés par l'avertissement sur résultats de Veolia mi-juin, sont toujours dubitatifs sur le modèle économique de la délégation de services publics, qui suppose de lourds investissements avant de retrouver une rentabilité satisfaisante. Enfin, dernière faiblesse qui touche l'ensemble des acteurs : la dette. " Ces entreprises pourraient être confrontées au durcissement des conditions de financement ", estime Patrice Lambert de Diesbach, directeur de la recherche du CM-CIC Securities. Leur niveau de dettes est assez élevé, plus de 10 milliards d'euros en moyenne pour le secteur en Europe. Comme l'italien Enel ou l'espagnol Iberdrola, Veolia pourrait souffrir plus que ses concurrents. Les frais financiers sont deux fois supérieurs à son flux de trésorerie disponible avant nouveaux projets.

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