La crise du marché monétaire renforce la vigueur du dollar

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Le dollar a bouclé vendredi sa semaine de plus fort rebond depuis seize ans. Son indice pondéré face aux monnaies des principaux partenaires commerciaux des États-Unis s'est octroyé un gain de 4 % au cours des cinq dernières séances, pour remonter à 80,794, son plus haut niveau depuis un an. Face à l'euro, la reprise du billet vert a été particulièrement spectaculaire, puisqu'il a bondi de 5,7 % la semaine passée pour se hisser vendredi jusqu'à 1,3703, au plus haut depuis treize mois. Le dollar recommence à jouer à plein son rôle de valeur refuge en temps de crise.Une fois passé l'ouragan financier, le soufflé pourrait-il retomber ? Les économistes donnent une nouvelle fois des réponses très divergentes à cette question. Ceux qui voient le verre à moitié plein font remarquer que le dollar a résisté à une nouvelle qui, il y a encore peu, l'aurait envoyé au tapis : le détestable rapport sur l'emploi aux États-Unis en septembre n'a pas entamé sa course en avant. Il fait apparaître une situation plus dégradée que prévu, avec 159.000 destructions de postes de travail, pour un taux de chômage inchangé de 6,1 % des actifs.A COURT DE DOLLARSLes " bulls ", ces taureaux haussiers sur le dollar, soulignent enfin que l'Europe se trouve désormais prise dans la nasse de la crise américaine et que la Banque centrale européenne sera contrainte de baisser ses taux beaucoup plus vite et plus fort qu'on ne l'anticipait encore avant l'intervention de Jean-Claude Trichet jeudi. Le président de la BCE n'a pas caché que la situation économique s'était nettement détériorée et que les gouverneurs étaient désormais prêts à appuyer sur la détente.Les pessimistes, qui prévoient le dégonflement du récent rally du dollar, font valoir qu'il est une réponse mécanique à la crise financière. L'asphyxie des marchés monétaires mondiaux, où les taux continuent à se tendre - l'euribor trois mois a atteint vendredi un nouveau record à 5,34 % -, constituerait son principal facteur de soutien. Ces marchés à l'agonie sont désespérément à court de dollars pour assurer leurs refinancements. Si les États-Unis sont l'épicentre de la crise des subprimes, les banques européennes sont presque aussi submergées d'actifs toxiques que les établissements américains. C'est la raison pour laquelle les banques centrales, devenues prêteurs en premier ressort, ont mis sur pied des facilités exceptionnelles de prêts en dollars. Ce sont les fameux accords de swaps - échanges de devises - entre grandes banques centrales, élargis fin septembre, qui ont porté de 290 à 620 milliards de dollars les lignes entre la Fed et ses homologues. Si les instituts d'émission parviennent à éteindre le feu, la demande de dollars s'asséchera, faisant repartir le billet vert sur sa pente des six dernières années : la baisse.Ce n'est donc qu'une fois la crise du marché monétaire résolue que l'on pourra départager les deux camps.Refinancement record des banques américainesLes banques américaines ont recouru dans des proportions record aux refinancements ouverts par la Fed dans le cadre de sa fenêtre d'escompte, lors de la semaine achevée le 1er octobre. Elles ont emprunté 368 milliards de dollars au taux d'escompte, soit près de deux fois plus que la semaine précédente qui avait déjà marqué un record, selon le rapport hebdomadaire de la Fed. Le taux d'escompte s'élève à 2,25 %, contre 2 % pour les fonds fédéraux.

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