Jean Arthuis : " Un jalon est posé vers l'Europe politique"

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G4 européen de samedi L'Europe vit un moment essentiel. Cette réunion est un jalon important vers une Europe politique. Cette convergence entre les quatre pays est de nature à conforter la confiance. Ce qui est important, c'est que les épargnants soient rassurés et que l'économie puisse fonctionner. Sort des responsables de la crise J'espère bien qu'il y aura des sanctions. Vous avez vu le dévoiement aux États- Unis. Même M. Paulson, quand il a quitté Goldman Sachs, a perçu 40 millions de dollars. Et à la fin 2006, les cinq plus grandes banques de Wall Street ont distribué 35 milliards de bonus. En Europe, une loi française très pénalisante ne suffira pas pour ceux qui ont manqué à l'éthique si leur société a son siège au Luxembourg. Il faut donc des initiatives européennes. La réponse nationale ne suffit pas. En outre, nous sommes dans la mondialisation. C'est bien que l'État s'engage mais cela ne suffit pas puisque les opérateurs peuvent s'implanter où ils veulent. État des finances publiques et pacte de stabilité S'il suffisait de faire du déficit pour assurer la prospérité, la France serait au sommet en matière de croissance et de plein emploi. Aussi, le cap ne doit pas être modifié : il faut parvenir à l'équilibre des finances publiques. Cela dit, quand il y a urgence comme actuellement, vous avez besoin de prendre des dispositions provisoires dans l'urgence. Affectation de la collecte du livret A On a raison de mettre 20 milliards d'euros à la disposition des PME. C'est une bonne idée, ce n'est pas une dépense supplémentaire mais une réorientation de l'épargne. Mais ce sont les livrets de développement durable et le PEL qui sont concernés, pas le livret A. Projet de Fonds européen pour reprendre les banques en faillite. On peut avoir une banque qui a son siège dans un État membre et des filiales dans d'autres pays membres. En cas de difficulté, un seul pays n'a pas les moyens de faire face. Un tel dispositif permettrait de faire face à des risques importants pour tous les pays. Bien entendu, les gouvernements devraient convenir d'une gouvernance européenne pour que ce fonds n'intervienne pas n'importe quand et ainsi n'incite pas les spéculateurs à faire n'importe quoi. Euro fort L'euro a été un bouclier qui nous a permis de différer le retour à l'équilibre de nos finances. Je n'ai jamais critiqué la politique des taux d'intérêt élevés de la BCE. Le problème est davantage les taux d'intérêt trop faibles aux États-Unis. Je pense qu'aujourd'hui la BCE devrait diminuer les taux. Entre 2007 et 2009, la charge de la dette française va représenter 5 à 6milliards supplémentaires en raison des taux d'intérêt. Récession On va produire moins au troisième trimestre qu'au deuxième et cela va se prolonger au quatrième. Quand on produit moins, on recule. Alors, oui, nous sommes en récession. Budget 2009 Je pense que l'évolution des dépenses est construite avec rigueur. En revanche, s'agissant des recettes, c'estmoins sûr, avec une croissance limitée à 1 %. Il va donc falloir tenir l'objectif d'aucune augmentation des dépenses en volume. Et je dis stop aux divers mécanismes de crédit d'impôt. Compétitivité Les impôts basés sur la production entraînent les délocalisations. Il faut financer autrement notre protection sociale. Il faut aller vers un impôt de consommation qui pénalisera les importations.

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