PagesJaunes voit la vie en rose

 |   |  430  mots
Plus gros que MySpace, Youtube ou Facebook. Malgré une notoriété et une audience nettement plus faibles, PagesJaunes pèse largement plus lourd que les stars actuelles d'Internet. L'an dernier, le groupe d'annuaires et de renseignements a dégagé un chiffre d'affaires de 471 millions d'euros grâce à la publicité sur Internet. À côté, Facebook, avec ses 200 millions d'utilisateurs à travers le monde, prévoit de réaliser cette année un chiffre d'affaires d'environ 360 millions d'euros. Signe de cette reconnaissance, Exane BNP Paribas valorise les activités Internet de PagesJaunes avec les mêmes ratios que ceux de Google.Connu pour ses annuaires aux pages blanches ou jaunes, l'ancien Office d'annonces (ODA), créé en 1946 par le ministère des PTT, a su prendre à temps le virage d'Internet à la fin des années 1990, pour profiter de l'explosion de l'usage de ce nouveau média par les professionnels. En 2001, un annonceur dépensait en moyenne 251 euros sur les sites Internet du groupe, principalement pour faire apparaître en bonne place ses coordonnées. priorité du groupeL'an dernier, la dépense moyenne s'élevait à 907 euros. Résultat, la vente d'espaces publicitaires sur les différents sites de PagesJaunes (renseignements, Mappy, filiales étrangères) représente désormais 40 % du chiffre d'affaires total du groupe. Et compte tenu d'un rythme de croissance trois à quatre fois plus rapide que celui des annuaires imprimés, il ne faudra plus que quelques trimestres à la division Internet de PagesJaunes pour dépasser celle des « vieux » annuaires.Source de diversification des revenus il y a quelques années, Internet est clairement devenu la priorité du groupe. Du coup, les enjeux et l'organisation de PagesJaunes ont totalement changé, avec notamment le départ du directeur général historique, Michel Datchary, remplacé par un ancien dirigeant du site Expedia.fr, Jean-Pierre Remy. Afin de mieux valoriser un investissement de plus de 3 milliards d'euros, les fonds d'investissement KKR et Goldman Sachs, majoritaires depuis la sortie en 2006 de France Télécome;lécom, poussent à l'accélération de la stratégie dans le numérique. Récemment, les analystes d'Oddo estimaient que le groupe pourrait doubler ses coûts de développement et de promotion de ces nouveaux services au cours des trois prochaines années, pour les porter entre 60 et 80 millions d'euros par an. Le groupe n'a pas forcément le choix. Quasi incontournable dans les annuaires papier avec son « armée » de commerciaux répartis sur l'ensemble de l'Hexagone pour contacter commerçants et entreprises, PagesJaunes est aujourd'hui confronté à une nouvelle concurrence rendue justement possible par Internet (lire ci-contre). Olivier Pinaud

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :