En Australie, le footy éclipse le rugby à XV

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Barry Hall est un mythe. Une rock star. Un vrai dur. Crâne rasé, tatouages, bras d'airain, une mine patibulaire de tueur, capable d'envoyer un crochet du gauche à la mâchoire d'un adversaire au milieu d'un match. Ce gars-là est une vedette du footy, le sport roi en Australie. Encore plus quand un psychiatre a estimé qu'il n'était pas mentalement sain pour disputer un match. athlètes bodybuildésDepuis cet épisode, Barry Hall, qui évolue aux Sydney Swans, a retrouvé le chemin des « cricket ground » où se disputent les rencontres d'AFL, le championnat de football australien, et il fait se lever les foules dans des stades remplis jusqu'à la gueule à chaque envolée pour capter le petit ballon ovale. Lui, Brendan Fevola des Carlton Blues, et Lance Franklin des Hawthorne Hawks, autres athlètes bodybuildés dans leurs maillots sans manches, sont les superstars de ce sport qui devance le rugby à XV dans le c?ur des Australiens. Un jeu qui peut rassembler 100.000 fans comme au Melbourne Cricket Ground, le Maracana du football « down under ».Ce sport, c'est un hommage à la devise olympique ? plus vite, plus haut, plus fort ? et pourtant il ne se joue qu'en Australie et sous une forme gaélique en Irlande. Le footy, football australien, AFL, Aussie Rules, Australian Rules, c'est un peu comme les kangourous, les koalas ou les wombats, ça ne se trouve qu'en Australie. 600.000 pratiquants, loin devant le tennis, le rugby à XV, talonné par le XIII et derrière le football ? pardon, le soccer? Un sport qui fêtera bientôt ses 150 ans d'existence, plus que le volley-ball, le handball ou le basket-ball. Un terrain démesuré comme le pays : 18 joueurs par équipe plus quatre remplaçants volants, un terrain ovale long de 150 mètres, parfois plus, et d'une largeur jamais inférieure à 120 mètres ! Quatre périodes de vingt minutes de temps de jeu effectif, il n'est pas rare d'assister à des matchs durant deux heures. Le but ? Faire passer à coup de pied le ballon entre les deux poteaux centraux (6 points) ou entre les poteaux latéraux (1 point), pour arriver à des scores gigantesques, type 120-108. On peut passer le ballon à un partenaire au pied. Sinon, on ne peut le transmettre qu'en le heurtant avec une partie de son corps, le plus souvent un coup de poing (mais aussi pied, genou, coude). Surtout pas de passe façon rugby, c'est interdit. Les contacts sont nombreux, légaux et les blessures tout autant. Tout est permis ou presque pour récupérer le petit ballon et surtout ces sauts furieux où on grimpe sur les épaules d'un adversaire comme sur un escalier pour aller saisir l'objet de tous les désirs, et ainsi obtenir un « mark » pour tenter un coup de pied. Grands, petits, agiles ou baraqués, le morphotype du joueur de footy est différent selon chaque tâche sur l'ovale. Ce sport est surtout développé sur la côte Sud-Est de l'Australie mais on compte quelques formations au Nord et sur la côte Ouest. Pour que tout le monde soit logé à la même enseigne au plan kilométrique sur l'île-continent, il n'y a pas de match à domicile ou à l'extérieur. On se promène au gré des adversaires par souci d'équité. Un chiffre, 51.000 personnes assisteront au choc de la 13e journée ce soir entre Adélaïde et Sydney au AAMI Stadium, alors que seulement 40.000 personnes se presseront pour voir Australie-France dans une enceinte de 100.000 places. nterrain démesuré, scores gigantesques... Ce sport est un hommage à la devise olympique : plus vite, plus haut, plus fort !

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