Du "non" dans le gaz

Le chemin qui mène au référendum du 29 mai est déjà suffisamment parsemé d'embûches et de mines, pas la peine d'en rajouter. Gaz de France et son président qui espéraient faire leur entrée en Bourse en mai devront patienter. Après avoir longuement hésité, l'Elysée et Matignon ont jugé que le moment était mal venu pour donner leur feu vert à une opération qui n'aurait pas manqué d'être exploitée par les partisans du "non" à la Constitution européenne sur le thème du "on vous l'avait bien dit, le démantèlement du service public est en marche...". Sagement, et parce qu'ils étaient pleinement conscients de la sensibilité du sujet aux yeux de l'opinion, Bercy et le gouvernement s'étaient d'ailleurs bien gardés d'avancer le moindre élément de calendrier précis. Ce qui les autorise à prétendre, en toute bonne foi, que la décision de différer la mise en Bourse d'une partie du capital de GDF est un non-événement. Aucune date n'ayant été annoncée, il n'y a donc pas de report à proprement parler, CQFD ! Imparable. D'autant que, en cas de besoin, il sera aussi possible d'invoquer des "conditions de marché" peu favorables, la Bourse n'étant pas ces jours-ci au mieux de sa forme. Pourtant, ce n'est pas un mystère, le scénario d'une introduction accélérée comptait quelques chauds partisans chez GDF, à Bercy et bien entendu parmi les banques chargées du placement. L'idée étant que ce qui pouvait être fait avant le référendum ne serait plus à faire après. Dans les hautes sphères de l'Etat, on a jugé inutile une précipitation qui pouvait être interprétée comme une provocation par les défenseurs du service public qui sont nombreux. Mais, compte tenu des incertitudes entourant le résultat de la consultation du 29 mai, toutes les hypothèses sont désormais envisageables. Y compris que les portes de la Bourse se referment pour longtemps devant GDF mais aussi devant EDF qui attend son tour. Techniquement et pratiquement, le calendrier flou de Thierry Breton - une cotation en Bourse de GDF "avant l'été" - peut encore tenir. Politiquement, c'est moins sûr en cas de victoire du "non" - que rien ne permet d'exclure à ce stade - au référendum. Un gouvernement post-29 mai, quel qu'il soit, pourra-t-il se permettre de feindre l'amnésie et de "passer en force" comme s'il ne s'était rien passé ?

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