Premier renoncement

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Nicolas Sarkozy a pour habitude de mener à son rythme — un train d'enfer — une classe politique française cantonnée depuis l'élection présidentielle dans le rôle peu glorifiant des suivistes de la République. La conférence de presse fleuve organisée à l'Élysée n'a pas dérogé à cette règle. Une fois de plus, le président a pris de court son petit monde, en abattant quelques dogmes ou en lançant de nouveaux projets de réforme. On y trouve, sur les sujets de l'économie, une refonte en profondeur de l'audiovisuel français, la fin annoncée des 35 heures — c'est la première fois que la chose est clairement dite —, le rôle renforcé de la Caisse des dépôts sur le terrain de la défense des intérêts des entreprises françaises — c'est la riposte à la montée en puissance des fonds souverains et spéculatifs — ou encore le changement des instruments de mesure de l'économie nationale, histoire de réconcilier les Français avec des indicateurs dans lesquels ils ne se reconnaissent plus depuis longtemps... Sans oublier une accélération sur le terrain de la participation. Voilà pour le volontarisme affiché du chef de l'État. Il y a eu hier, pourtant, le premier renoncement majeur de la législature. Sur le sujet ô combien central du pouvoir d'achat — thème au coeur de la campagne présidentielle et devenu la première préoccupation des Français devant le chômage —, le président, qui a renoncé à "vider des caisses déjà vides", reconnaît son impuissance. En somme, les 14 milliards réinjectés dans l'économie française, dont on ne mesure pas vraiment l'impact sur le pouvoir d'achat, sont de l'histoire ancienne et l'État ne remettra plus la main à la poche, en l'occurrence trouée, pour nourrir les attentes des Français. Pour la première fois, Nicolas Sarkozy est rattrapé par la réalité et voit son volontarisme écorné.Mais c'est aussi une incitation aux réformes structurelles, celles qui visent à libérer la croissance, peu gourmandes financièrement, mais plus coûteuses sur le plan politique.

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